A Guichainville et Le Vieil-Évreux (Eure), la fouille s'inscrit dans le cadre d'une vaste zone industrielle d'une superficie de 120 ha.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

La première tranche de travaux (Le Long Buisson 1) couvre une surface d'environ 30 ha. La fouille a concerné plusieurs zones : une grande fenêtre de 2,5 ha et 7 fenêtres annexes pour un total de 3,7 ha de décapage.

Le diagnostic réalisé par B. Aubry/Inrap en février-mars 2002 a révélé des vestiges appartenant principalement au Néolithique ancien. D'autres traces plus ténues concernaient également le Paléolithique moyen (artefacts isolés), la Protohistoire ancienne (âge du Bronze) et un réseau parcellaire de la fin de l'âge du Fer et de la période gallo-romaine se rattachant à une grande villa (Long Buisson, tranches 2, 3 et 4). Géologiquement, le site s'inscrit sur un plateau recouvert d'une formation d'argile à silex propice à la formation de doline. La présence d'une telle formation a été mise en évidence, couvrant une grande partie de la surface de la grande fenêtre de décapage. Les industries paléolithiques ont été mises au jour à environ 2 m de profondeur, sous la forme de deux ateliers de taille distincts en place dans les premières pentes de la doline. Le premier comprend un amas de débitage peu dense de quelques mètres carrés et un large épandage de pièces alentour. Il a livré des vestiges appartenant à toutes les étapes du débitage Levallois (éclats, pointes, nucléus, esquilles...) ainsi que quelques fragments de bifaces. Le second atelier, beaucoup plus riche, comprenait un amas dense d'une quinzaine de mètres carrés, apparemment encore parfaitement fossilisé ; de nombreux remontages ont déjà pu être effectués. Une dispersion progressive d'artefacts divers était disséminée alentour. Le relevé en trois dimensions des vestiges permet déjà de faire ressortir des phénomènes de rejet de certaines catégories d'artefacts en limite de l'amas (nucléus...). Les premières analyses typologiques et géomorphologiques permettent de rattacher la série au début du Paléolithique moyen. La période du Néolithique est représentée par six grands bâtiments, orientés est-ouest, comprenant au moins une grande fosse latérale. La structuration des bâtiments à partir de tierces renvoie au modèle rubané. Le mobilier retrouvé dans les fosses des bâtiments permet de dater ces constructions du VSG moyen au VSG final. On notera ainsi la présence de pièces particulières telles que des bracelets en schiste, des lames en silex d'importation et de la céramique à décor incisé et à décor plastique. La disposition de ces bâtiments est remarquable. En effet, ils sont placés sur le contour de la doline, à proximité immédiate de celle-ci. Cette localisation suggère par conséquent une exploitation de la surface couverte par la doline. Les autres périodes sont représentées de manière plus anecdotique. On signalera une petite nécropole appartenant à la Protohistoire ancienne qui consiste en trois incinérations en pleine terre, disposées à proximité de deux fossés circulaires. La fin de l'âge du Fer et le début de la période romaine ont été identifiés dans plusieurs fenêtres sous la forme de réseaux parcellaires que l'on peut raccorder sur la trame générale dans laquelle s'inscrit une importante villa découverte par ailleurs sur la ZAC (fouille à partir de novembre 2002). Enfin, la période contemporaine est représentée par la reconnaissance d'un réseau de tranchées serpentiforme appartenant à la Seconde Guerre mondiale.