Un établissement rural du second âge du Fer à Épeigné-les-Bois, Loir-et-Cher

Chronique de site
Dernière modification
18 mai 2016

A Saint-Georges-sur-Cher et Épeigné-les-Bois, la surface totale de la fouille est de 1,6 hectares.
L'installation humaine la plus ancienne découverte sur le site est un important amas de débitage de plus de 150 pièces lithiques datées du Paléolithique moyen. Mais, l'occupation principale du site est datée de la période gauloise.

Une vaste ferme gauloise

Elle se caractérise par un vaste établissement rural probablement déjà en place à la fin de La Tène ancienne (IVe s. avant notre ère) et qui perdure jusqu'à La Tène finale (vers 50 avant notre ère). Sa superficie, de plus de 1,6 hectare, le classe parmi les grands établissements ruraux. Son organisation interne est basée sur une division régulière de l'espace, matérialisée par d'imposants fossés. Malgré leurs grandes dimensions, ces fossés jouent plus un rôle de protection de l'habitat (dissimulation, protection contre les vents ?) ou de marqueur symbolique du rang et du statut des occupants, qu'un rôle réellement défensif.

Un bâtiment remarquable

Deux enclos délimitent des espaces d'au moins 2 300 m2 chacun, dans lesquels se trouvent la plupart des bâtiments sur poteaux et sablières basses. Les bâtiments sur 4 et 6 poteaux sont les plus nombreux. Généralement considérés comme des constructions annexes à l'habitat - greniers - ils auraient d'autres fonctions possibles comme le stockage d'outils, et pourraient être utilisés comme tour de garde, plate-forme mortuaire, poulaillers ou encore édifices cultuels.
Un bâtiment « à plan centré », sur poteaux et tranchées de fondation de parois, constitue par son architecture et sa superficie l'un des éléments remarquables du site, et un exemplaire unique en région Centre. Sa superficie évaluée à 118 m2 en fait plus qu'une simple maison. Ce bâtiment était peut-être destiné à un personnage de haut rang, ou à des activités particulières, artisanales ou cultuelles

Des pratiques cultuelles avérées

Le manque de mobilier ne permet pas de classer cet établissement parmi les fermes ou aedificia « riches » et « aristocratiques » de la période gauloise. Cependant, il existe des témoins de pratiques cultuelles sur le site : un baquet en céramique, généralement associé à des contextes funéraires ou à des habitats aristocratiques ; une épée brisée, pliée dans son fourreau et rejetée dans un fossé qui témoignerait d'un geste « sacrificiel ». Des pratiques cultuelles avérées, sa superficie, ses dimensions et l'organisation des structures, confèrent à cet établissement un statut relativement élevé dans la hiérarchie des fermes rurales gauloises.