A Notre-Dame-d'Oé, Indre-et-Loire, une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives a mis au jour, au cours de l'été 2006, une petite exploitation agricole qui évolue de l'époque gauloise à la fin du IIe siècle de notre ère.

Chronique de site
Dernière modification
18 mai 2016

Cette fouille préventive a été prescrite par l'Etat en amont de la réalisation, par la société d'équipement de la Touraine, du lotissement industriel «Arche d'Oé II ».


Le mobilier archéologique

La fouille des vestiges a livré un riche mobilier archéologique. Près de 7 000 tessons de céramiques ont été retrouvés, ainsi que de nombreux objets en fer, en bronze, en verre et en os.

La ferme gauloise

L'exploitation agricole gauloise s'implante entre 125 et 100 av. J.- C. Les bâtiments de la ferme sont en partie délimités par des fossés qui clôturent un espace d'environ 5 000 m². Cette occupation se concentre au nord de la fouille.
Les édifices gaulois étaient construits en matériaux périssables. Ici, il n'en subsiste que les trous de poteau constituant leur fondation. Ceux-ci dessinent des plans carrés ou rectangulaires matérialisant huit bâtiments. Des troncs refendus ou non étaient utilisés pour supporter les charpentes. Les empreintes des poteaux sont parfois matérialisées par des charbons de bois.
En l'absence des élévations et des sols, il est difficile d'identifier la fonction précise des bâtiments. Cependant, les rejets domestiques découverts à proximité de deux grands édifices suggèrent des habitations. Les petites constructions sur quatre poteaux peuvent correspondre à des greniers surélevés destinés au stockage des denrées (céréales ou autre) à l'abri de l'humidité et des rongeurs.

Les premières transformations

En Gaule, les mutations engendrées par la conquête romaine sont progressives. Si la ferme est totalement restructurée à plusieurs reprises entre 20 av. J.-C. et 120 ap. J.-C., elle est toujours composée d'édifices sur poteaux, associés à une clôture fossoyée. Cette configuration s'inscrit dans la continuité d'une tradition architecturale gauloise très élaborée.
Le nouvel enclos se développe sous la forme d'un trapèze isocèle d'environ 3 700 m². L'établissement agricole compte alors six édifices sur poteaux, sans doute deux habitations et quatre greniers. Trois puits et trois vastes fosses sont également rattachés à cette occupation. À cette époque, un chemin empierré est aménagé dans la partie sud du site.

La villa antique

Dans le courant du IIe s. ap. J-C., le mode de construction romain s'impose en Gaule du Nord. Les dernières transformations de l'exploitation agricole interviennent dans ce contexte, après
120 ap. J.-C. Le site est totalement restructuré à cette époque : les bâtiments en matériaux périssables font place à des constructions en maçonnerie de pierre et l'ancien système parcellaire est totalement abandonné. Les nouveaux aménagements matérialisent vraisemblablement une installation de type villa. L'établissement agricole n'a pas été perçu dans son intégralité et les bâtiments résidentiels de la villa se développent sans doute en dehors de la zone fouillée.
L'exploitation agricole est composée de trois constructions maçonnées : au nord, un mur d'enclos muni d'un porche d'entrée imposant et une grange vraisemblablement plurifonctionnelle ; plus au sud, une clôture maçonnée carrée. La découverte d'une sépulture dans cet espace suggère la présence d'un enclos funéraire.