A Isigny-sur-Mer, Calvados. Prescrite dans le cadre de l'extension de la zone artisanale et pavillonnaire Isipole, cette intervention fait suite à deux fouilles réalisées en 2006 puis en 2008-2009 sur l'emprise des premiers aménagements réalisés par la ville.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Un diagnostic, réalisé en 2011 au lieu-dit Le Tuilley - La Campagne, a permis d'identifier deux secteurs à fort potentiel archéologique, l'un de 4 500 m² qui constitue une extension directe des fouilles antérieures ; l'autre de 2 600 m², environ 300 m à l'ouest. La fouille actuelle, menée sur les deux secteurs, permet de mettre au jour des vestiges d'habitats protohistorique et antique.

Le prolongement de la villa gallo-romaine mise au jour en 2006 et 2008

Les fouilles précédentes avaient révélé une vaste villa gallo-romaine des Ier-IIe siècles de notre ère. L'ensemble antique comportait une partie liée aux travaux agricoles (pars rustica) et une partie résidentielle (pars urbana) qui n'avait pu être fouillée dans son intégralité. Le bâtiment principal était doté d'une façade de soixante mètres de long et accueillait un ensemble balnéaire.
L'opération en cours a permis d'étudier le prolongement ouest de la pars urbana.
Sur le premier secteur, les archéologues ont retrouvé la suite de la galerie façade, adossée à une aile occidentale. Si les traces de maçonneries sont assez ténues, un niveau de sol bien conservé a été mis au jour dans l'une des pièces de la villa. Il accueille un système de chauffage par le sol ou hypocauste, dont certaines pilettes sont encore en place. D'autres vestiges, tels que des maçonneries arasées, des trous de poteau et des fossés marquent probablement la clôture et/ou les accès de la villa. Enfin, plus à l'ouest, à l'extérieur de la villa, des tranchées de fondation attestent la présence d'un bâtiment secondaire de stockage, probablement lié à l'exploitation agricole. Grâce à ces recherches, les archéologues parviendront à affiner le plan de cette imposante villa gallo-romaine maritime.

Des traces d'occupation gauloise

La fouille du premier secteur permettra également de compléter le plan d'un vaste enclos d'habitat gaulois, situé plus au nord, et étudié lors des fouilles antérieures.
L'opération actuelle a en effet permis de découvrir l'angle nord-ouest du grand enclos, ainsi qu'une série de fossés qui en compartimentent l'espace intérieur. Elle a également livré des céramiques du second âge du Fer, ainsi que deux urnes à incinération. Les études à venir viseront à établir une éventuelle continuité entre l'habitat gaulois et l'habitat antique.
Sur le second secteur de fouille, les vestiges d'un autre enclos protohistorique, datant de la toute fin de l'âge du Fer, ont été identifiés. Cet enclos rectangulaire est délimité par des fossés relativement profonds, lesquels pourraient être localement bordés par un talus et/ou une palissade. L'intérieur de l'enclos est cloisonné par deux palissades formant un passage vers une partie domestique fermée. Celle-ci comprend un bâtiment et deux fours à pain particulièrement bien conservés, témoignant d'activités domestiques caractéristiques de la période gauloise.