A Besançon, Doubs, dans le cadre de la réhabilitation du lycée professionnel, la fouille était motivée par la réalisation d'une nouvelle construction à l'emplacement de l'ancien gymnase, sur une superficie de 2800 m2.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Le chantier archéologique est situé aux abords immédiats de l'amphithéâtre gallo-romain dont quelques vestiges sont connus depuis le siècle dernier. 

Au cours de la première moitié du Ier siècle de notre ère, la partie sud du site est occupée par des artisans. À des vestiges d'habitat est associé un atelier de forgeron qui a livré de nombreuses structures (fosses, foyers) et d'abondants déchets (battitures, parois de four, tuyères). L'architecture est caractérisée par des sablières posées à même le sol, interrompues par des poteaux verticaux, supportant des parois en torchis. Au nord du site, une grande fosse et un fossé peuvent être mis en relation avec une volonté de drainage et sans doute de stockage des eaux de ruissellement.


À l'époque claudienne (-49 à 70 de notre ère), le remaniement de certains habitats, par la construction de solins maçonnés dans lesquels sont ménagés les emplacements des poteaux, s'accompagne d'un changement d'artisanat. La découverte de pesons atteste en effet l'existence d'une activité en rapport avec le travail du textile.

La construction de l'amphithéâtre, dans la seconde moitié du Ier siècle de notre ère, va bouleverser l'organisation du site. L'emprise du chantier archéologique ne concerne qu'une petite partie de l'édifice : un morceau de la façade et une des entrées principales. Deux caissons (murs de fondation formant en plan des caissons, qui rigidifient la structure et supportent les gradins) situés au nord de cette entrée ont également pu être étudiés. Les environs de l'amphithéâtre sont aussi le lieu de profondes modifications occasionnées par la mise en place d'un grand collecteur, de la voie qui lui est associée, ainsi que des bâtiments qui la bordent et qui seront occupés jusqu'au IIIe siècle. Plusieurs pièces appartenant à ces bâtiments ont été identifiées. Les murs, vraisemblablement en pans de bois hourdés de tuiles liées au torchis, reposent sur un soubassement maçonné.
Au IVe siècle, l'entrée principale de l'amphithéâtre située à l'intérieur de l'emprise devient un espace funéraire, ce qui montre que l'édifice n'est plus utilisé comme lieu de spectacle.

Les documents d'archives permettent de préciser qu'au Moyen Âge, cette partie de la ville se trouve à l'intérieur des fortifications. Les vestiges très fragmentaires d'un mur d'enceinte localisé sur la bordure ouest du chantier pourraient appartenir à la troisième et dernière enceinte médiévale, édifiée dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Des maisons sur caves ont été reconnues le long de la rue d'Arènes et plus à l'ouest, près de l'enceinte. Certaines maisons construites en pans de bois sont détruites par un incendie au XIVe siècle. Plusieurs grandes fosses d'extraction réparties aux environs témoignent de l'exploitation de limons argileux présents à l'état naturel. Dans le courant du XIVe siècle, une nouvelle rue, à l'axe légèrement décalé par rapport à la voie romaine, relie la rue d'Arènes à l'entrée de l'amphithéâtre, réutilisée comme porte de la ville. La partie de la rue située à l'intérieur de l'entrée de l'amphithéâtre est bouleversée sur ses bas-côtés par l'installation de plusieurs inhumations postérieures, qu'il faut mettre en relation avec la chapelle Saint-Jacques-des-Arènes, construite avant le XIe siècle à l'intérieur de l'amphithéâtre.

À l'époque moderne, un habitat très dense s'installe de chaque côté de la rue. Les maisons possèdent une cave, à laquelle on accède depuis la rue par un escalier en pierre ; certaines d'entre elles appartiennent à des vignerons. À la fin du XVIIe siècle, l'édification d'une nouvelle fortification conçue par Vauban, avec mur de soutènement et rempart de terre, entraîne la destruction d'une partie de ces habitations. Le dernier bouleversement urbanistique sur le site est occasionné par la construction, à partir de 1739, d'une caserne d'artillerie, dont la partie sud du bâtiment d'infanterie ainsi que diverses installations annexes (égouts, latrines, écuries et cantine) ont été retrouvées.