A Ars-sur-Moselle et Jouy-aux-Arches (Moselle), sondages entre les arches et à la base des piles de l'aqueduc d'Ars et de Jouy. Nettoyage et relevé détaillé (pierre à pierre) du bassin de Jouy-aux-Arches et de son raccord avec le canal de l'aqueduc.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Ce monument, relativement bien conservé pour certaines portions, correspond à la partie aérienne de la traversée de la vallée de la Moselle (environ 1 km), de l'aqueduc souterrain captant des sources de Gorze pour alimenter la cité antique de Metz, Divodurum Mediomatricorum.

Les sondages entre les piles de l'aqueduc ont permis de repérer les niveaux de fondations, l'état conservé des parements d'origine sous des niveaux de terre végétale et de remblais de démolition et de construction. Le parement des piles carrées est en petit appareil de moellons calcaires maçonnés au mortier de chaux mêlé de sable, jointoyés au mortier de chaux blanche et de tuileau, finis au fer et surlignés à la peinture rouge brique. Plusieurs tranchées de récupération ont été mises en évidence autour des maçonneries, correspondant à l'arrachement des matériaux de parement pouvant descendre parfois jusqu'au niveau des fondations. Certains piliers ont en effet servi de carrières à diverses époques et ont été entièrement exploités, d'autres partiellement. Sous des couches liées à l'état de ruine du monument depuis son abandon, des niveaux de remblais et de sols ont été découverts. Ils correspondent à des aménagements liés à la phase de construction, situés entre les piles sous les arches. Il s'agit de places à chaux et à sable, de zone de stockage de blocs calcaires bruts, d'aires à gâcher le mortier, d'ateliers de débitage de moellons ayant généré une masse importante de gravats et d'éclats de taille. Leur accumulation progressive au cours de l'avancement de la construction du monument a masqué les niveaux de fondation et la base des parements est conservée intacte. Le bassin de Jouy correspond à une construction circulaire semi-enterrée (6 m de diamètre extérieur pour le bâtiment ; 2,05-2,20 m pour le bassin interne), à l'origine couverte, dans lequel l'eau de l'aqueduc aérien aboutissait, pour repartir, à angle droit, en direction de Metz, de nouveau dans une portion d'aqueduc souterrain. Le bâtiment possédait une porte et des marches monolithiques, une banquette d'accès circulaire, des soupiraux au niveau supérieur. Une bonde permettait de vidanger le bassin (profondeur : 1,50 m). Des vannes contrôlaient le débit du flux et de la chute d'eau vers le bassin. Le canal de l'aqueduc a la particularité d'être double (0,85 + 0,88 m). Les cunei sont constitués par des murets en briques triangulaires revêtus d'un béton hydraulique. Les parements extérieurs et intérieurs en élévation du bassin sont identiques à celui des piles de l'aqueduc. Seule la partie interne du bassin est constituée de gros blocs monolithiques formant son armature. Les parties hydrauliques sont recouvertes d'un béton de tuileau rouge très résistant. L'aqueduc a subi des réparations au cours de son histoire : une couche de réfection du sol des cunei recouvrait une croûte de calcite d'environ 1 cm déposée sur un premier sol du même type.