A Saint-Germain-du-Puy, Cher. La campagne de fouille menée sur une surface de 6 000 m2 a permis de retrouver une importante zone d'extraction de calcaire datée de l'Antiquité ainsi qu'une nécropole mérovingienne.

Chronique de site
Dernière modification
17 mai 2016

L'aire d'extraction du calcaire dessinait un vaste boyau d'environ 30 m de large, en arc de cercle irrégulier couvrant 2 300 m2, se prolongeant au moins d'autant hors emprise jusqu'à une extrémité délimitée au sud par le domaine rural gallo-romain dit « villa des Boubards » fouillé au printemps 2011, et à l'est par le ruisseau du Langis.

L'utilisation des ressources géologiques : carrière et chaufournerie

Deux modalités d'extraction présentant une adaptation aux caractéristiques géologiques ont été identifiées. Au nord, sur la partie du versant la plus élevée (140,11 m), le calcaire affleurant sous une mince épaisseur de terre végétale est extrait à partir de tranchées à ciel ouvert. À l'inverse, dans la moitié la plus basse où des grèses recouvrent le massif, parfois sur 0,70 m d'épaisseur (137,30 m), il semble que le calcaire soit extrait par le biais de galeries.

Mise à part cette différence technique, ce sont uniformément les niveaux supérieurs du substrat qui ont été recherchés sur des épaisseurs n'excédant pas 3 m. Ce calcaire très fragmenté offrait plutôt du matériau de construction. Sans transformation chimique, il servait dans la construction sous forme de blocage ou de petit appareil. Avec transformation chimique, il était utilisé sous forme de chaux. En effet, trois fours à chaux ont été fouillés sur l'emprise du site, chacun réutilisant opportunément une tranchée d'extraction. Ces fours ont pu être datés du Haut-Empire.

Faute de mobilier associé, la datation de la carrière n'est pas précisément connue même si les fours et les tranchées sont intimement liés ; on rapprochera l'ensemble de cette gestion des ressources naturelles destinée à la construction avec les chantiers voisins des villas des Boubards et de Port-Sec, voire de l'approvisionnement ponctuel pour la cité d'Avaricum (Bourges).

La nécropole mérovingienne

Cette zone d'extraction est largement rebouchée avant le haut Moyen Âge. En effet, dans les niveaux supérieurs des remblaiements de la carrière, 140 tombes ont été installées sous la forme d'une nécropole de plein champ organisée en dix-neuf rangées de tombes disposées de façon relativement parallèle les unes aux autres avec un nombre de tombes variable (de trois à quinze) par rangée. L'ensemble se développe sur environ 3 200 m2.
Dans leur immense majorité, il s'agit de sépultures primaires et individuelles en fosse simple ou coffrage sommaire. Une seule tombe contenait les restes de deux enfants inhumés simultanément.

La population, en très mauvais état de conservation, semble de type communautaire. On note l'absence, quasi invariable sur ce type de site, des nourrissons et bambins, probablement inhumés dans ou à proximité des espaces habités. Le rare mobilier métallique associé, tout comme les datations par le radiocarbone, placent cette nécropole sur un large VIIe siècle après J.-C. (560-800 apr. J.-C.). Les objets associés aux défunts consistaient en objets de parure (bagues et boucles d'oreille) et en accessoires vestimentaires (agrafes, ceintures).

Aucune trace des habitations correspondant à la population découverte ici n'a été repérée sur cette parcelle qui semble avoir été remise en culture par la suite.