A Criquebeuf-sur-Seine, Eure, l'extension de la carrière de Criquebeuf-sur-Seine (Snec : Société normande d'exploitation de carrières) a nécessité la réalisation d'un diagnostic archéologique en juillet 2002.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Suite à la découverte d'un petit enclos circulaire associé à une probable tombe, une fouille, sous la forme d'une fenêtre de décapage, a été réalisée de manière à appréhender plus finement les structures archéologiques avant la destruction du site.

Les Brûlins
Criquebeuf-sur-Seine/Les Brûlins
Plan du monument circulaire III et coupes du fossé.
DAO E. Gallouin/Inrap.

Les terrains sondés sont situés au sud de Rouen, dans la forêt domaniale de Bord. Ils se développent sur la rive gauche de la Seine, sur la terrasse supérieure au relief modéré orientée est-ouest. L'exploration des 11 ha concernés par l'aménagement a été réalisée sous la forme de neuf tranchées parallèles de 100 à 400 m de long. L'espacement entre les tranchées est variable, en général d'une trentaine de mètres sauf lorsque la végétation ne le permettait pas.

À l'issue du diagnostic, les seules structures archéologiques reconnues appartiennent à un site, à vocation probablement funéraire, daté de la Protohistoire ancienne. À l'exception de ces vestiges, qui ont fait l'objet d'une fouille exhaustive dans le cadre du diagnostic, les structures sont représentées par des fossés appartenant au parcellaire moderne et/ou contemporain (exploitation de la forêt) et à plusieurs fosses non anthropiques comblées de sable humifère interprétées comme étant des chablis. Le monument de Criquebeuf-sur-Seine appartient à la famille des enclos circulaires à vocation funéraire dont la datation s'échelonne de la fin du IIIe millénaire à La Tène ancienne. Ce type de structure se rencontre presque exclusivement, en France, dans les régions septentrionales.

En Haute-Normandie, ces monuments ont plus rarement été observés en fouille (deux enclos fouillés en Seine-Maritime à Saint-Martin-aux-Arbres et à Saint-Vigor-d'Ymonville) ; il en existe toutefois plusieurs dizaines d'exemplaires identifiés lors de survols aériens dans l'Eure (prospections de l'association Archéo 27). Les informations recueillies lors des fouilles de la plupart de ces sites restent limitées : les éléments de datation sont rares ou inexistants, et l'état de conservation médiocre des fossés interdit généralement toute interprétation. L'hypothèse d'un tertre ceinturé par un fossé est toutefois évoquée dans la plupart des cas et généralement admise.

L'enclos de Criquebeuf appartient à un type un peu différent puisqu'une interruption de son fossé à l'est ménage une entrée permettant d'accéder à l'aire centrale. La restitution du monument reste cependant impossible à réaliser, les données de Criquebeuf étant trop lacunaires pour permettre d'éventuelles reconstitutions même hypothétiques (site arasé). La datation de la structure est encore difficile à préciser bien que sa physionomie permette de proposer une attribution chronologique comprise entre la fin du IIIe millénaire et l'âge du Bronze moyen.

Au vu du peu de résultats et la fouille de l'enclos circulaire ayant été effectuée durant l'opération de sondage, l'hypothèque archéologique a pu être levée sur les parcelles concernées par les aménagements.