Conférences
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Mis à jour le
04 mars 2016
Colloque
Héritages arabo-islamiques dans l'Europe méditerranéenne

Colloque international organisé par l’Institut national de recherches archéologiques préventives,
En partenariat avec Marseille-Provence 2013-Capitale européenne de la culture, le MuCEM et la Villa Méditerranée.
Du 11 au 14 septembre 2013, à Marseille, Villa Méditerranée et MuCEM.

Héritages arabo-islamiques dans l'Europe méditerranéenne - Archéologie, histoire, anthropologie
par Catherine Richarté, Inrap, et Sonia Gutiérrez Lloret, université d'Alicante

La problématique de cette intervention est de tenter de reconnaître et de matérialiser les présences-échanges/contacts dans le Sud de la France avec le Dâr al-Islam et en particulier avec al-Andalus envisagé comme une importante puissance politique et économique pour le Haut Moyen Âge.
Bon nombre de ces contacts sont connus et ont été épisodiquement renseignés par les sources écrites le plus souvent latines et quelques fois arabes. Ces contacts plus ou moins bien identifiés sont souvent relatifs à des affrontements. Mais manifestement, à cette haute date, d'autres types de rapports ont été instaurés au sein du réseau des échanges, d'autres liens existeraient entre les domaines chrétiens et musulmans à l'intérieur du bassin occidental de la Méditerranée.
Les témoignages disponibles - permettant une véritable analyse - sont, à ce stade de l'enquête, encore très rares et les résultats restent ténus, voire inégaux tant en quantité qu'en qualité de l'information. Néanmoins, nous pouvons tenter d'appréhender la question selon trois niveaux d'étude : 
1/ La mer, en étudiant la cargaison de ces navires naufragés. 
2/ Les espaces insulaires, considérés comme des haltes de navigation, des lieux d'appontement ou de ravitaillement et partant d'échanges potentiels. 
3/ Les littoraux ; car des indices apparaissent çà et là dans les villes :
  • Notamment des inhumations datées du VIIIe s., découvertes à Nîmes,
  • Les exemples du site de San Peyre (Gard) ou de Ruscino, (près de Perpignan) où du mobilier et des signes monétaires paraissent indiquer la fréquentation de populations islamiques ?
  • Par ailleurs, quelques sites aristocratiques, comme la motte castrale de Niozelle (04) ou le castrum de Fos-sur-Mer (13) fournissent de précieux plats émaillés, artéfacts représentant des preuves de contacts avec des populations islamisées (marchandises, cadeaux diplomatiques... ?).
Enfin, à la suite de cet état des lieux, une présentation et une synthétisation de ces divers mobiliers seront réalisées en fonction des séries céramiques observées tout en adoptant le schéma méthodologique de classification utilisée pour al-Andalus :
  • Transport/stockage,
  • Service de table/cuisine,
  • Luminaire,
  • Chaudronnerie (chaudrons de divers modules, aiguière, lingots de cuivre en fagots...),
  • Divers : outils métalliques, pots à cuire pierre ollaire, meules, etc.
Cette présentation sera accompagnée d'un tableau analytique périodisé des formes pour les séries de base et par une mise en perspective avec les mobiliers stratifiés d'al-Andalus (Almeria, Pechina, Denia..) de façon également à resserrer l'ambitus chronologique.
L'enquête céramologique sera également enrichie d'apports archéométriques (pétrographie pour la détermination des aires de production des poteries et analyses chimiques des imprégnations organiques des contenus effectuées sur les vases de transport) devant permettre de recueillir des données complémentaires sur les aires d'approvisionnement et la nature des denrées transportées.
Enfin, ce projet pluridisciplinaire constituera une contribution archéologique à la réflexion économico-historique sur les relations et le commerce du haut Moyen Âge en Méditerranée occidentale.
Catherine Richarté a suivi, à Aix-en-Provence, un cursus universitaire en archéologie médiévale auprès de G. Démians d'Archimbaud (LA3M-UMR 7298). Elle s'est d'abord consacrée à l'archéologie de terrain avant de se spécialiser dans l'étude des mobiliers tardo-antiques et médiévaux. Depuis quelques années, elle s'est rapprochée des équipes lyonnaises du Laboratoire de céramologie (UMR 5138) et surtout du CIHAM - UMR 5648 avec lesquelles elle développe des problématiques sur les productions de céramiques et les échanges en Méditerranée. Elle prépare actuellement une thèse de doctorat sur le mobilier califal d'al-Andalus découvert dans les épaves "sarrasines" provençales.
 
Sonia Gutiérrez LLoret est professeure d'Archéologie à l'université d'Alicante. Elle a dirigé divers projets de recherche centrés préférentiellement sur l'antiquité tardive et le moyen-âge islamique. Actuellement, elle est co-directrice des projets archéologiques Tolmo Minateda et Castellar Elche, et elle collabore avec l'Inrap dans le projet d'étude des mobiliers sarrasins de Provence. Elle a aussi publié de nombreux travaux scientifiques, et a dirigé de nombreux travaux muséographiques.
Année :
2013