A Épieds-en-Beauce, Loiret, implanté à l'ouest d'Orléans, le site a révélé la présence de vestiges d'époques successives sur une superficie de 3,5 hectares.

Chronique de site
Dernière modification
17 mai 2016

La pérennité de l'implantation humaine au fil du temps, traduite par des activités agropastorales, artisanales ou cultuelles, permet d'appréhender la structuration et l'évolution de cette occupation dans sa globalité.

Le contexte de la découverte

La richesse du mobilier archéologique, notamment antique, glané dans les champs au cours du XIXe s. laissait déjà supposer une occupation importante sur le territoire de la commune d'Épieds-en-Beauce. Mais il fallut attendre 2004 pour que les premiers vestiges de l'âge du Fer soient mis en évidence dans ce secteur par un diagnostic archéologique. Il fut suivi d'un second diagnostic en 2007, qui justifia la réalisation des fouilles en 2010 et 2011. Celles-ci ont révélé l'existence de communautés agropastorales hallstattiennes et laténiennes, d'un lieu de culte augustéen, ainsi que d'activités artisanales contemporaines.

Une communauté agropastorale protohistorique

La première implantation est centrée sur la transition entre le Hallstatt final et La Tène A (VIe et Ve s. av. J.-C.), la seconde sur La Tène moyenne (fin du IVe et IIIe s av. J.-C.). Elles consistent en une série de structures majoritairement liées au stockage et dont la capacité augmente au fil du temps. La répartition tend vers un plan cohérent, probablement déterminé par des cheminements. Ces derniers déterminent encore aujourd'hui l'orientation des parcelles cadastrales. La proximité de la zone d'habitat se traduit par de multiples rejets, ainsi que par une céramique répondant parfaitement au faciès domestique.
L'élevage sur le site est attesté par la présence importante de périnataux et de sujets réformés. L'absence de changements significatifs dans les pratiques d'élevage ou dans la nature des rejets témoigne de la pérennité de l'occupation.

Un lieu de culte atypique

L'occupation antique est matérialisée par un enclos carré dont la fonction première nous échappe. Après quelques années, il est réutilisé et se voit attribuer une fonction funéraire. L'association de très petites pièces de métal fondu, de clous, de vases brûlés et brisés en place et de résidus d'offrandes sont autant d'arguments laissant présager de crémations in situ. Le statut social des individus ayant subi la crémation est sous-entendu par certains éléments de mobilier, même si nous ignorons leur nombre ou leur fonction. L'ensemble des observations laisse à penser que nous serions en présence d'une structure et de pratiques héritées de la culture gauloise, mais dont les caractéristiques auraient été gommées au profil d'une romanisation volontairement affichée.

Un artisanat contemporain

Une multitude de fosses d'extraction de marne témoignent d'exploitations familiales liées aux besoins des constructions ou de l'amendement des champs. Des fours ont également été mis au jour, mais leur fonction demeure impossible à déterminer.