Dans le cadre du projet d'aménagement de la ZAC de la Gare, sur la commune de Dompierre-sur-Mer (Charente-Maritime), en périphérie de l'agglomération rochelaise, une fouille d'archéologie préventive a été conduite par une équipe d'archéologues de l'Inrap.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

L'intervention, motivée par un diagnostic positif réalisé par Stéphane Vacher (Inrap) au printemps 2009, a concerné une surface de 4 080 m², répartie en deux secteurs, le long du canal reliant La Rochelle à Marans. L'objectif de cette opération était d'appréhender l'organisation spatiale d'un habitat protohistorique, d'en évaluer le statut et le fonctionnement, et de le replacer dans son contexte chrono-culturel. L'opération archéologique a permis de mettre au jour les restes d'une occupation rurale, à vocation vraisemblablement agricole.
 
La majorité des structures découvertes dans la zone 1 prend place à l'intérieur d'un enclos de forme trapézoïdale et présentant des angles arrondis. La partie orientale de l'occupation, non concernée par le projet, ne nous est pas connue. L'enclos est constitué d'une tranchée creusée dans les calcaires du Jurassique et comblée par un sédiment argilo-limoneux de couleur brun rouge comprenant quelques blocs de pierre.
Des zones regroupant des pierres brûlées ou des concentrations de charbons de bois révèlent l'emplacement de poteaux ou de piquets, parfois calés par des pierres récupérées lors du creusement de la tranchée. Disposés de manière plus ou moins régulière, ces éléments de bois ont pu servir d'armature à une palissade qui délimitait la zone d'habitat et jouait certainement le rôle de clôture pour les animaux. Les prélèvements effectués dans les structures en creux devraient apporter des informations sur les essences employées et fournir ainsi une image de l'environnement du site.
 
Dans sa partie occidentale, l'enclos est interrompu et pourvu d'un dispositif d'entrée formé de deux retours prolongés par deux trous de poteau. Un petit porche d'entrée en bois, similaire à celui fouillé en 1989 par Thierry Lejars (Afan) au Pédeau, sur la commune de Préguillac, à 10 km au sud de Saintes, peut être restitué.
L'espace interne est occupé par de petites fosses et des trous de poteau, plus ou moins organisés, et par des zones apparemment dépourvues de structure. Dans la partie nord-ouest de l'enclos, longeant la palissade, un bâtiment sur poteaux porteurs d'une vingtaine de mètres carrés peut être interprété comme une petite construction à destination domestique (habitation ?). D'autres regroupements de trous de poteau semblent correspondre à des structures de stockage de type grenier.
 
La zone 2 a livré les vestiges d'une seconde entrée et d'un grenier sur quatre poteaux de bois. L'entrée présente un plan et un module identiques à ceux de la zone 1, mais n'est pas associée à une tranchée de palissade, ni à une série de trous de poteau. Elle a pu fonctionner avec des structures détruites lors de la construction du lotissement bordant à l'ouest l'emprise de la fouille.
 
La relative qualité de conservation des structures excavées et la lisibilité du plan de cette occupation contraste avec l'indigence du mobilier archéologique. Les conditions taphonomiques et les modalités d'exploitation des terrains agricoles sur le plateau aunisien n'ont pas facilité la bonne conservation des artefacts ou des restes osseux. Le mobilier, attribuable au premier âge du Fer, se résume à quelques dizaines de tessons de poteries, piégés dans les structures en creux. Aucun ossement ou outil métallique n'a été découvert à l'issue de cette campagne. Les études en cours devraient préciser la chronologie et les modalités de fonctionnement de cette occupation.