A Coursac, Dordogne, des fouilles ont été réalisées à l'automne 2004 sur 1 804 m2.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Le diagnostic archéologique, réalisé à l'automne 2004, avait révélé trois zones : l'une avec fosses et trous de poteau, une autre comportant trois secteurs avec fossés, et une dernière constituée d'une seule fosse riche en mobilier lithique. Pour la fouille, les prescriptions archéologiques portaient uniquement sur quatre secteurs implantés autour de la zone avec fosses et trous de poteau (nord-ouest) et autour des trois zones avec fossés (nord-est, sud-ouest et sud-est) ; quant à la zone où avait été dégagée et en partie fouillée la fosse riche en mobilier lithique, elle a été écartée.

À l'occasion de la fouille, plusieurs autres fosses et trous de poteau ont été mis au jour dans la zone nord-ouest, mais le cadre restreignant de la fenêtre préalablement implantée n'a pas permis une vision globale de l'ensemble ; notamment, il n'a pas été possible de vérifier si les structures continuaient en dehors de la zone décapée. Aussi, ce n'est qu'avec la plus grande prudence que nous proposons de lire, parmi les structures dégagées, le plan d'un bâtiment de 6 x 4 m, dont 7 trous de poteau sont conservés ainsi que quelques autres alignements pouvant correspondre à des clôtures. Toutefois, nous insistons encore sur le fait que nous ne pouvons avoir qu'une vision tronquée de l'ensemble, d'une part, en raison de l'impossibilité de savoir si la zone avec fosses et trous de poteau est circonscrite, d'autre part, à cause de la grande érosion de l'ensemble des structures. La datation de l'ensemble n'est guère plus facile à établir. Aucun élément discriminant ne permet de proposer une datation, d'autant que les travaux agricoles sont venus grandement perturber l'ensemble (des traces de labours anciens sont en effet visibles au sommet, voire à l'intérieur du remplissage de certaines structures). Quelques tessons de céramique et le mobilier lithique recueillis dans les structures de la zone nord-ouest ou au cours du décapage de cette zone peuvent être attribués au Néolithique final, mais rien ne permet d'affirmer qu'ils soient strictement contemporains du creusement de ces fosses et trous de poteau, de l'occupation ou de l'abandon de cette zone d'habitat supposé. De fait, le mobilier, notamment lithique, est connu dès les couches les plus supérieures (il est aussi bien attesté en prospection de surface que dans les structures les plus profondes).
S'il est évident que le plateau de Coursac a connu une importante occupation au Néolithique final, rien ne permet d'assurer que nous sommes, avec nos fosses et nos trous de poteau de la zone nord-ouest, en présence de la trace d'un habitat de cette période.

La fouille de la zone nord-est a permis de dégager deux fossés parallèles, distants de 5 m, et quelques fosses et/ou trous de poteau. Ces deux fossés semblent rejoindre une vaste structure dégagée dans la zone sud-ouest, comblée assez récemment par de la terre et des souches d'arbres. Il n'est sans doute pas inopportun de signaler que ces fossés sont également parallèles à la route de Maraval, délimitant la parcelle au nord. Aussi est-il tentant d'interpréter ces deux fossés comme des traces d'un ancien parcellaire ou d'un système de drainage entraînant les eaux vers la partie la plus basse de la parcelle, à un endroit où se serait peut-être créée une mare, comblée relativement récemment par de la terre et des souches. Plus intéressante est la fouille des deux zones situées au sud.
Deux enclos circulaires fossoyés et quelques structures en creux y ont été mis au jour. Bien que l'enclos de la zone sud-ouest soit amputé d'une bonne moitié dans sa partie nord, il est toutefois possible d'estimer son diamètre à 18 m. Le fossé, au profil en V très évasé, est conservé sur une profondeur de 0,30 à 0,60 m et mesure de 1,50 à 2,40 m de largeur. Le comblement semble s'être fait relativement rapidement, la stratification n'étant pas très développée. Aucun tertre ni talus (interne ou externe) n'a pu être mis en évidence. Quelques fosses ont été dégagées à l'intérieur ou à l'extérieur de cet enclos, mais aucune ne présente de caractère funéraire assuré (pas de traces d'ossements, incinérés ou non) ; le mobilier est rare et peu différent de celui rencontré sur l'ensemble de la parcelle, tant en surface ou dans les couches supérieures que dans les structures en creux. Une fosse, cependant, mérite d'être individualisée. Creusée au fond du fossé côté est, elle a livré, outre quelques éclats lithiques, un tesson de jatte carénée attribuable au Bronze final. Même si, partant de cet unique tesson, il est risqué de proposer une datation du Bronze final de l'enclos et de la (ou des ?) fosse(s) qui s'y rapportent, on peut, en tout état de cause, assurer que l'enclos n'est pas antérieur à cette période. L'enclos de la zone sud-est est mieux conservé, même s'il est coupé par un fossé rectiligne d'axe nord-sud, probable trace d'un ancien parcellaire. Il est un peu plus grand, avec un diamètre de 19,50 m. Le fossé continu, de profil en V très régulier, est conservé sur une profondeur de 0,32 à 0,68 m et mesure de 0,95 à 1,65 m de large.
Comme pour l'enclos précédent, le comblement semble avoir été relativement rapide, ne laissant pas suffisamment de temps pour le dépôt de strates successives. Par ailleurs, il est intéressant de noter la présence de deux zones charbonneuses, opposées l'une à l'autre (nord-est/sud-ouest), dans le remplissage sommital du fossé. La fouille et le tamisage de ces deux zones n'ont pas révélé de restes anthropiques (pas d'ossements brûlés). Elles sont probablement contemporaines de l'utilisation finale de l'enclos (rappelons qu'elles sont limitées à l'intérieur du fossé et ne s'étendent pas au-delà). Une datation C14 devrait permettre de préciser leur datation. Enfin, notons qu'aucun tertre ni talus - interne ou externe - n'a pu être mis en évidence. Malgré la découverte d'un trou de poteau en bordure immédiate du fossé, aucun autre aménagement ne peut être souligné. Quelques fosses ont été dégagées à l'intérieur de cet enclos, mais, comme pour l'enclos précédent, aucune ne présente de caractère funéraire. Le mobilier ne se distingue par aucun caractère discriminant (là encore, il s'agit du silex noir présent sur l'ensemble de la parcelle).