A Chaniers, Charente-Maritime, le décapage, effectué sur 3 000 m2, a mis au jour 235 fosses sépulcrales dont la majorité est disposée en rangées circonscrites sur une surface rectangulaire de 50 m de long et de 30 m de large.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Les limites sont confirmées par l'absence de sépulture en dehors de cet espace et par la présence, côté occidental, d'un fossé orienté nord-sud qui clôt l'aire funéraire. La quasi-totalité des sépultures adopte une orientation nord-ouest/sud-est.

Aucun bâtiment contemporain n'est attesté sur l'emprise de la fouille ou à proximité. Ce cimetière semble s'établir en rase campagne. La préservation des vestiges reste très inégale sur l'ensemble du site et les travaux agricoles sont la cause d'un arasement parfois très prononcé.


La mise au jour de l'intégralité de cette nécropole et le pourcentage élevé de sépultures exhumées (90 %) permettent une étude structurale globale qui complète les données archéo-anthropologiques (étude et analyse en cours). À ce stade de l'analyse, seules quelques observations peuvent être évoquées.
 
Deux types de tombes ont été observés : de simples fosses, dont les creusements adoptent des contours rectangulaires ou arrondis, accueillent des coffres de bois ou des linceuls ; et des sarcophages dont les cuves trapézoïdales présentent, pour certains, des formes complètes. Un unique couvercle, partiellement conservé, a été retrouvé. Les recoupements, les juxtapositions entre certaines sépultures et le changement d'orientation pour d'autres dessinent une chronologie relative. Les réductions, la réutilisation de certaines tombes et le faible nombre de recoupements témoignent de l'existence de marquages de surface.
 
La présence d'ossements dans les fosses n'est pas systématique ; un tiers des sépultures contient des squelettes. Toutefois, la plupart des fosses sépulcrales retrouvées vides présentent soit des aménagements contre les parois des creusements (calages de pierres), soit des vestiges de comblement qui témoignent d'une inhumation. L'état de conservation des ossements est très variable non seulement d'une tombe à une autre mais aussi à l'intérieur d'une même sépulture. Quelques squelettes sont complets, d'autres ont subi des dégradations plus radicales.
 
Deux sépultures se démarquent particulièrement par la présence de pierres brûlées et de fragments de charbons dans le comblement des fosses. Les squelettes mis au jour portent les stigmates d'une crémation partielle des corps. Plusieurs sépultures ont livré du mobilier métallique, essentiellement des éléments de parure dont des anneaux, des bagues comportant des inscriptions et des fibules ansées symétriques. Les fibules offrent une datation comprise entre le VIIe et le VIIIe siècle. Le mobilier céramique, peu abondant, est attribuable aux VIe et VIIe siècle. Enfin, les sarcophages appartiennent à une typologie qui permet de les rattacher à un horizon chronologique oscillant entre le VIe et la fin du VIIe siècle.
 
Ce cimetière, appréhendé dans ses limites spatiales et chronologiques, nous livre un certain nombre d'informations sur les pratiques funéraires de l'époque mérovingienne. Les études en cours nous permettront de mieux comprendre les modes de gestion de cet espace, de connaître la population inhumée et d'affiner la chronologie.