A Claye-Souilly, Seine-et-Marne, une occupation gallo-romaine a été mise au jour sur la commune de Claye-Souilly (Seine-et-Marne) au lieu-dit Les Monts Gardés 3.

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016

Ce gisement est implanté sur la pente sud-est du plateau dominant la vallée de la Beuvronne. Cette occupation se compose de deux phases distinctes. La première s'échelonne sur l'ensemble du Ier siècle et se traduit par un ensemble de structures formant un établissement circonscrit dans un enclos quadrangulaire. Après une période d'une cinquantaine d'années environ, on observe une seconde phase, plus lâche et par conséquent moins bien comprise que la première. Elle s'échelonne de la seconde moitié du IIe siècle à la première moitié du IIIe siècle, au plus tard.
 

Les données archéologiques anciennes

Le travail de reconnaissance des chemins antiques a permis de situer le carrefour de deux axes de circulation à 1 km au nord des Monts Gardés. Une des deux voies, orientée grosso modo nord-sud, passe à quelques centaines de mètres à l'ouest de l'emprise de la LGV Est. Les prospections pédestres, les sondages réalisés en 1989 et l'évaluation réalisée en 1991 ont mis au jour un ensemble gallo-romain cohérent constitué par un bâtiment sur solin, clôturé par un réseau de fossés parcellaire. Enfin, le diagnostic concernant la LGV Est, effectué en 2001, a confirmé une occupation gallo-romaine qui s'étend plus au nord : c'est une partie de la zone de l'évaluation traitée ici.

L'établissement de la phase I

L'occupation se définit par un enclos quadrangulaire constitué de quatre fossés couvrant une surface de près de 6 000 m2. L'entrée principale se fait par le sud entre deux poteaux peut-être reliés : ce serait alors un porche d'entrée. On pénètre alors dans la zone résidentielle constituée d'une cour bordée au nord par une cave appareillée sur deux côtés seulement. La zone est fermée à l'est par une palissade faite de piquets et un bâtiment d'habitation composé de douze trous de poteau sans calage, à l'ouest par un petit fossé formant un angle droit, et au sud par un fossé doublé d'une palissade longue de 16 m environ et formant un angle droit. Dans l'enceinte, on trouve également un puits appareillé.

À l'est de la partie résidentielle, on observe une autre zone délimitée par quatre fossés et une palissade. Au nord-ouest de la zone résidentielle, un autre espace est délimité, à l'ouest, au nord et à l'est par trois fossés et au sud-est par la zone résidentielle ; au sud-ouest, l'espace est ouvert. Il comporte peu de structures archéologiques et correspond peut-être à un espace de vergers et/ou de jardins. C'est également dans cette zone qu'une incinération a été mise au jour. Elle ne contient pas de matériel et a très probablement été déposée en pleine terre ou dans un contenant périssable.

Enfin, une dernière zone constitue un espace ouvert qui a pour fonction de faire la liaison entre l'enclos et la zone où se trouve le bâtiment d'habitation.

Au nord de l'emprise, quelques structures de La Tène finale ont été découvertes (fossés et silos). La fondation d'un site gallo-romain à proximité, une centaine d'années plus tard, n'a rien de surprenant.

Le matériel exhumé se compose essentiellement de céramiques culinaires (vases, pots, gobelets...). Quelques autres objets de la vie quotidienne (fragment de miroir, fibule en bronze, clé en fer) ont aussi été mis au jour.

Quant aux activités agricoles, les analyses font apparaître l'importance des caprinés sur ce site, ainsi qu'une présence majoritaire de froment et d'orge, sans qu'il soit toutefois possible d'affirmer qu'ils aient été récoltés sur place.

La phase II

Après un hiatus d'une cinquantaine d'années, se met en place la phase II, qui s'échelonne entre la seconde moitié du IIe siècle et la première moitié du IIIe siècle. Elle est bien moins lisible et comprise que la phase I. En effet, la partie ouest du site n'a pu être décapée dans son intégralité, ce qui aurait permis de mieux comprendre la nature de l'occupation, et l'essentiel des structures semble se situer hors de l'emprise des travaux.

Néanmoins, il semble qu'à partir de la seconde moitié du IIe siècle, on s'installe à nouveau sur cet espace, mais sans reprendre l'établissement du Ier siècle puisque certains de ses éléments ne sont plus utilisés. On n'observe pas la mise en place d'un nouveau site d'habitat mais plutôt une implantation en relation avec une activité artisanale qui avait peut-être pour but essentiel d'exploiter le calcaire puisqu'une fosse d'extraction de grande taille a été découverte. Les vestiges mis au jour lors de l'évaluation de 1989 et 1991 semblent confirmer ces observations. En effet, une structure a été interprétée comme un four à chaux associé à des fosses d'extraction.

Conclusion

L'établissement rural gallo-romain du Ier siècle ne s'apparente pas aux sites de type villa, connus dans le nord de la Gaule en général, en Picardie en particulier. Il s'agit d'un petit établissement équipé simplement qui peut être classé dans la catégorie des habitats plutôt modestes.