A Perpignan, Pyrénées-Orientales, le Conseil général des Pyrénées-Orientales a démarré en 2008 les travaux concernant la déviation de la route départementale 900 qui constituera la rocade ouest de Perpignan.

Chronique de site
Dernière modification
13 juillet 2016

Ce projet d'aménagement est à l'origine d'une série d'opérations archéologiques prescrites par le service régional de l'archéologie (Drac Languedoc-Roussillon) et confiées à l'Inrap.
Ces interventions archéologiques préalables aux travaux routiers ont mis au jour une nécropole protohistorique (IXe-VIe siècles avant notre ère) dont l'ensemble est estimé à environ 300 tombes et une nécropole antique (IVe siècle de notre ère) dont le total de tombes est estimé à une quarantaine.

 


Sauver les « archives du sol »

Une équipe Inrap est intervenue au printemps 2007 pour effectuer le diagnostic sur l'emprise de la première phase des travaux routiers qui empiète sur les communes de Perpignan et de Saint-Estève. Ces recherches préliminaires avaient pour objectif de repérer d'éventuels sites archéologiques grâce à des tranchées réalisées à la pelle mécanique et dont la profondeur variait selon le niveau d'apparition du substrat ou des vestiges archéologiques. La surface ouverte à l'aide des sondages mécaniques représente 9,6 % des 78 963 m2 de l'emprise concernée par les futurs travaux. Cette démarche de conciliation permanente entre les nécessités respectives du développement économique et social, de la préservation du patrimoine et de la recherche scientifique, est désormais mise en oeuvre de manière systématique dans des zones considérées comme sensibles.
Ainsi, les découvertes réalisées par les équipes de l'Inrap permettent d'ores et déjà d'appréhender plus finement le passé protohistorique, antique et médiéval de la région.

Mémoires de la terre

À partir des vestiges mis au jour pendant la phase de diagnostic, on sait que deux nécropoles, séparées par un hiatus d'environ 1 000 ans et caractérisées par des rituels différents, ont occupé une même zone sans apparemment se chevaucher.
Les informations archéologiques et le mobilier recueilli sur les 16 000 m2 à décaper pendant la campagne de fouilles archéologiques, qui a commencé début avril 2008, permettront de reconstituer avec précision les pratiques et les gestes funéraires de la nécropole à incinération protohistorique et du cimetière à inhumation antique.
Pendant la phase finale de l'âge du Bronze et au début de l'âge du Fer, les urnes contenant les cendres du défunt étaient déposées dans des fosses en pleine terre, protégées par un couvercle et parfois accompagnées de vases d'offrandes. Les vases, non tournés, sont de fabrication locale. Dans les tombes des personnes plus aisées, peuvent apparaître de petits objets en bronze (rasoir, épingles...) et en fer (couteaux, bracelets...).

Terre de mémoires

À la fin de la période romaine, les pratiques funéraires se caractérisent par l'inhumation dans des tombes de différents types : cercueils de bois cloutés signalés par une tuile plate, tombes à profil triangulaire (dites en bâtière) construites avec des tuiles plates (tegulae) et dépose de la dépouille en pleine terre, entourée de galets.
Cette nécropole se trouve à moins de 5 km de l'église paroissiale de Saint-Estève où des fouilles faites pendant les années 1970 avaient mis au jour un habitat d'époque romaine. Les prospections de surface et les découvertes fortuites dans la commune de Saint-Estève, ont livré un nombre non négligeable d'informations à rattacher à la période romaine, dans une fourchette comprise entre le Ier siècle avant notre ère et le IVe siècle de notre ère.