De vastes nécropoles protohistorique et antique ont été découvertes à l'ouest de Perpignan, au lieu-dit Negabous, avant l'aménagement de la déviation de la route départementale 900. 

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

La nécropole protohistorique (IXe et le VIIe siècle avant notre ère), sans équivalent dans le Roussillon, s'étend sur 8 600 m2. Les archéologues ont identifié 300 tombes à incinération, groupées et parfois superposées, qui ont progressivement occupé le terrain du sud vers le nord. Leurs analyses devraient permettre d'établir si ces concentrations correspondent à des groupements spécifiques (familiaux...).

De l'incinération à l'inhumation

Huit cents ans plus tard, une nécropole antique, datée entre le IIe et le IVe siècle, dans laquelle l'inhumation est majoritaire, vient se greffer sur l'extrême sud-ouest de la nécropole protohistorique, perturbant une petite partie des incinérations.

De l'incinération à l'inhumation

Des vases par millier

Pendant la phase finale de l'âge du Bronze et au début de l'âge du Fer (1400 à 800 avant notre ère), les urnes contenant les cendres du défunt étaient déposées dans des fosses en pleine terre, protégées par un couvercle et parfois accompagnées de vases d'offrandes.
Dans 263 tombes en bon état de conservation, 687 vases ont été prélevés et fouillés en laboratoire, révélant des restes humains, des objets appartenant aux défunts, et des petits vases emboîtés dans les grands. Le nombre de vases découverts pourrait atteindre le millier, d'autant que ceux provenant des tombes endommagées par les labours restent à quantifier.

Les tombes du Bronze final

Dans les tombes du Bronze final (1400 à 800 avant notre ère), ont été découvertes des céramiques décorées de motifs géométriques incisés, réalisés avec un instrument à pointe bifide (double trait). Certains vases ossuaires contiennent, en plus des restes humains brûlés, des objets de la vie quotidienne : rasoirs, pinces à épiler, fusaïoles en terre cuite indiquant des tombes féminines. Des parures - épingles, bracelets, perles et « boutons » en bronze - marquent la présence d'individus plus aisés.

Les tombes du premier âge du Fer

Dans les ensembles funéraires du premier âge du Fer (800 à 450 avant notre ère), les céramiques sont en majorité non décorées. Cependant, quatre d'entre elles présentent des décors de motifs géométriques très élaborés, réalisés avec la technique de l'excision. Des vases ayant ce type de décor sont connus dans d'autres nécropoles à incinération à Mailhac dans l'Aude ou à Agde dans l'Hérault. Ils sont considérés comme des marqueurs de « prestige », de même que l'épée à antennes en fer ou la paire de kardiophylax (pectoraux) en bronze, découvertes dans deux autres tombes.

La période romaine

Cette occupation, presque mille ans plus tard, compte 61 tombes parmi lesquelles l'inhumation est majoritaire. Les défunts ont été ensevelis dans des tombes maçonnées, des tombes dites en bâtière, aménagées avec des tuiles plates ou dans des fosses encerclées de galets. La dépouille d'un enfant reposait dans une amphore.

Des recherches en cours

L'étude du mode de dépôt des cendres des défunts et des offrandes à travers le temps et l'analyse anthropologique des restes osseux permettront de retracer l'évolution des gestes funéraires, de définir les caractéristiques des groupes humains et leurs morphologies, et d'identifier les réseaux commerciaux ou les aires d'influence économique dans lesquels s'inscrivent ces nécropoles.