A Saint-Marcel, Indre, deux sondages de diagnostic ont été pratiqués sur les 100 m² concernés par l'aménagement. Les résultats illustrent les phases d'occupation antiques de l'agglomération d'Argentomagus.

Chronique de site
Dernière modification
17 mai 2016

La rue du Rio borde une vallée sèche qui marque profondément la topographie urbaine d'Argentomagus. Elle sépare le site des Mersans, centre urbain antique, du quartier périphérique des Courates. Le fossé du système défensif du deuxième âge du Fer est implanté dans l'axe de cette vallée, le rempart la bordant au sud. Le secteur de la rue du Rio est marqué par la présence d'un ensemble funéraire du Ier siècle de notre ère, à l'est, et de l'amphithéâtre, plus à l'ouest.

Le diagnostic de 2012 montre que les terrains explorés sont occupés du début de l'Antiquité au Moyen Âge puis abandonné jusqu'à l'extension du bourg de Saint-Marcel au XXe s.
Aucun vestige mobilier ou immobilier se rapportant à La Tène finale n'est issu des sondages.
Une série de remblais supporte une construction sur radier qui s'apparente à un sol extérieur. Sa nature exacte ne peut toutefois être identifiée : rue, esplanade, cour... Les observations effectuées en périphérie de la zone diagnostiquée suggèrent un espace de grandes dimensions.
Le mobilier archéologique date la mise en place et l'utilisation de cette structure du Haut-Empire romain, sans doute le Ier siècle. Au moins une structure excavée, mais non caractérisée, est aménagée dans ce radier. Elle est récupérée durant le Moyen Âge, période durant laquelle le site semble abandonné. La zone est ensuite remblayée et la dépression en partie comblée.

Les données archéologiques provenant de l'environnement direct des tranchées suggèrent une occupation funéraire et cultuelle des lieux, sans que ces deux activités puissent être datées.
Deux squelettes ont été découverts fortuitement sur la même parcelle, au nord. Ces vestiges non datés sont atypiques : les corps sont installés côte à côte, chaque crâne reposant sur une meule à grain. De ces mêmes parcelles provient aussi l'un des « accroupis » d'Argentomagus. Il s'agit de statues de personnages assis en tailleur, découvertes au nombre de six ou sept sur l'ensemble du site. Elles proviennent de contextes cultuels lorsque ceux-ci sont identifiés, ce qui n'est pas le cas ici.