A Sivry-Ante, Marne, dans ce secteur, le plateau bordant la rive gauche du lit majeur de l'Ante, affluent de l'Aisne, est mis en culture depuis le XVIIIe siècle au moins.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

L'Ante est aujourd'hui une rivière à faible débit, ponctuée de nombreux méandres et entourée de marais. Mais cet état est semble-t-il consécutif aux multiples modifications apportées par les diverses interventions humaines.
La période protohistorique Le site est implanté à l'extrémité d'un éperon du plateau limité par l'Ante. 

Les vestiges d'une installation humaine de l'âge du Bronze final et du début du second âge du Fer occupent préférentiellement le centre de l'éperon. Ils sont implantés sur les plages de graviers et de limons situées entre les deux bancs de sables est et ouest. Le nombre de ces vestiges, qui peuvent être assurément attribués à cette période, se restreint à sept fosses et un foyer. En revanche, le mobilier est abondant avec un échantillon de formes céramiques suffisamment documenté pour établir une chronologie fiable. La céramique protohistorique du site de Sivry-Ante est bien conservée et de qualité. Elle provient pour l'essentiel de quatre fosses, qui ont livré une quantité de fragments et de types de récipients suffisants pour qu'une datation des rejets et de la structure puisse être proposée. Deux périodes bien distinctes ont pu être repérées si l'on excepte les quelques éléments romains parfois présents : il s'agit du Bronze final IIIa et de La Tène ancienne. La période gallo-romaine Cette phase d'occupation nous est parvenue sous un aspect trop lacunaire pour aborder les délicates questions de fonction et de statut. La création de cet établissement paraît néanmoins déconnectée de la trame d'occupation antérieure. Sur le site, aucun indice ne permet d'envisager la romanisation d'un pôle d'habitat laténien tardif, différant en cela de beaucoup d'autres établissements comme Cuperly ou Bussy-le-Château pour les plus récemment fouillés. Pour la période antique, le plan d'ensemble montre clairement que la répartition des vestiges s'opère dans deux secteurs : - la plus forte densité est implantée sur le rebord du plateau qui domine la vallée de l'Ante et sur les nappes de graviers affleurant ; à quelques exceptions près, leur diffusion s'organise sur un axe nord-sud ; - le second pôle de concentration a investi le versant limoneux qui s'ouvre vers la vallée de l'Ante ; la distribution des structures s'opère selon un axe nord-est/sud-ouest, orientation générale que respecte la plupart des vestiges de ce secteur. L'éventail des structures est plus restreint que sur le plateau ; on dénote l'absence de puits, de grandes caves et des aménagements sur poteaux en nombre plus limité. L'organisation du site antique s'appuie sur deux orientations distinctes et se traduit physiquement sous deux formes : un réseau de fossés dense et des lignes de partage sur poteaux. On peut donc parler de l'organisation du site comme le résultat d'une démarche réfléchie. Pour aller plus loin, on remarque également que le réseau de fossés est parfaitement perpendiculaire à l'axe de plus grande pente. Cela a pour effet de barrer les ruissellements et donc de protéger les structures d'habitat. Cette disposition renforce l'idée d'une étude du milieu préalable à l'installation, accompagnée de la mise en chantier d'un arsenal de moyens destiné à en gommer les aspects les plus néfastes. Chronologiquement, la période d'occupation s'étale de la fin du Ier siècle au début du IVe siècle.