La fouille, entreprise sur le territoire communal de Catigny, est située en bordure de la départementale 39. Son emprise, scindée en quatre secteurs, s'étend sur une surface de 3,5 hectares. Elle a permis de mettre en évidence des vestiges de l'âge du Fer ainsi que d'une villa gallo-romaine.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Les traces d'une occupation protohistorique

Au sud-est de la fouille, une fosse isolée a livré des rejets domestiques, parmi lesquels des restes de métiers à tisser (pesons : pièces utilisées pour lester le métier à tisser), des matériaux de construction (torchis), des fragments de vaisselle et une plaque en bronze. Cette structure représente à elle-seule les traces d'une occupation humaine durant le Bronze final. Un tronçon de fossé ainsi que des fosses dépotoirs, datés de la fin de la période gauloise, ont également été localisés au sud-est.

Un établissement de l'époque gallo-romaine précoce

Les vestiges relatifs à la période gallo-romaine précoce s'échelonnent sur toute la dynastie julio-claudienne (première moitié du Ier siècle). Les occupations ont été identifiées grâce à la découverte partielle de deux enclos quadrangulaires superposés, dans lesquels se trouvaient une série de bâtiments sur poteaux à vocation agricole, deux puits et des fosses de rejets. L'habitation, s'il y en avait une, n'a pas été repérée. Il est possible qu'elle n'ait pas résisté aux assauts du temps. Les recherches n'ont pas pu appréhender la totalité de l'exploitation. Un ensemble de fossés et de fosses recouvrait l'occupation, mais leur datation précise nous échappe.

La création d'une modeste villa  

L'influence de la culture romaine et l'adoption progressive de ses codes sont perceptibles à travers l'évolution des habitations. Au cours de la période flavienne (69-96 de notre ère), de nouveaux modes de construction sont adoptés et, pour les plans des bâtiments, l'angle droit devient la norme. L'espace de la ferme est hiérarchisé : la cour principale (pars urbana), réservée au maître, est séparée de l'espace voué au travail agricole (pars rustica).

La villa, perçue dès les années 1960 grâce aux prospections aériennes de Roger Agache, s'étend sur un petit hectare. Elle s'organise au sein d'un enclos rectangulaire, très arasé. La fouille a permis d'étudier l'occupation dans sa quasi-intégralité. Le bâtiment résidentiel est situé au nord-ouest de la cour. Il présente un corps de logis rectangulaire composé de trois pièces. Il est précédé par une galerie de façade dotée de deux tours. À proximité immédiate de cette maison, se trouvent une cave entièrement récupérée et un étrange ensemble de puits-citernes, dont la fonction précise n'est pas encore établie. Un entrepôt, de plan rectangulaire, a également été mis au jour. Un porche sépare cet ensemble de la partie agricole, au sein de laquelle une mare, un bâtiment de type resserre et une cave maçonnée ont été localisés.

Le mobilier céramique permet d'envisager la création de la villa dans la seconde moitié du Ier siècle de notre ère, et sa désaffection vers le IIIe siècle. Deux phases principales de constructions sont perceptibles par le biais d'observations d'ordre architectural ; en effet le porche de séparation et le bâtiment résidentiel ont fait l'objet d'agrandissements et de modifications, qui, malheureusement, ne pourront pas être datés.

Virginie Bak