Dans le cadre du projet d'aménagement de la ligne à grande vitesse devant relier Tours à Bordeaux, une fouille archéologique a été prescrite par le Service régional de l'Archéologie (Drac Centre) à Maillé, sur le versant nord de la vallée de la Vienne, au nord du ruisseau du Réveillon.

Dernière modification
17 mai 2016

D'une surface de presque 8 hectares, les recherches ont mis au jour des vestiges datant de la Préhistoire jusqu'au Moyen Âge.
La caractérisation des vestiges, leur datation et l'étude spatiale devrait permettre de mieux comprendre ces occupations.

Une première occupation préhistorique

16000 à 11000 avant notre ère
Les vestiges préhistoriques se limitent à quelques éléments en silex taillés : lame et éclats de débitage datant du magdalénien (16000-11000 avant J.-C.). En provenance du plateau, ils témoignent d'une occupation dès la Préhistoire récente. En effet, la présence d'argile contenant des silex favorise l'implantation de ces populations qui trouvent ici des matières premières facilement accessibles.

L'installation gauloise...

80 à 30 avant notre ère
L'occupation gauloise se développe principalement au sud de l'emprise. Il s'agit d'un réseau fossoyé peu étendu, mais relativement bien structuré. Les vestiges semblent délimiter des parcelles à vocation agricole, puisqu'il n'y a pas de trace d'habitat. L'entretien régulier des fossés, par curage, indique la présence d'une communauté certainement pérenne. Un mobilier abondant a été retrouvé (céramique et faune). Il témoigne de la proximité de l'habitat et permet de dater cette occupation de La Tène D (80-30 avant J.-C.).

Puis antique

Ier au IIIe siècle
L'occupation antique (Ier-IIIe siècle après J.-C.) se retrouve en partie au-dessus de celle de La Tène. Les vestiges sont fortement arasés comme en témoignent les rares maçonneries mises au jour. Un enclos maçonné délimite un espace où se trouvent de nombreuses fosses et deux celliers. Le mobilier retrouvé est composé de fragments de céramique sigillée, d'amphores, d'enduits peints, de meules, et de nombreux moellons calcaires. Il témoigne d'un domaine agricole antique d'une certaine importance.

L'essor agricole au Moyen Âge

VIIe à XVe siècle
L'occupation médiévale apparaît dès l'époque mérovingienne (VIIe siècle), prend son essor sous les Carolingiens (VIIIe-Xe siècle) et se poursuit jusqu'au bas Moyen Âge (XIVe-XVe siècle). Deux pôles, constitués de bâtiments sur poteaux, de structures de stockage (silos) et délimités par un fossé, se distinguent nettement à partir de la période carolingienne. La fouille a également livré quelques tessons de céramique, plusieurs fragments de meules et un important lot de faune domestique (bovins, ovins, porcins, oiseaux). L'ensemble témoigne d'espaces à vocation agricole : élevage, stockage de céréales et autres denrées. Plusieurs souterrains, certains voués au stockage, d'autres destinés à servir de refuge, se répartissent sur l'ensemble du site. Ces données révèlent une communauté dense et organisée, probablement régie par un pouvoir seigneurial.
Aménagement : Lisea - Coséa
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l'Archéologie, Drac Centre
Recherches archéologiques : Inrap
Responsable scientifique : Gwenaël Roy, Inrap
Contact(s) :

Sophie Lemaire
chargée du développement culturel et de la communication
Inrap, direction interrégionale Grand Sud-Ouest
05 57 59 21 09 - 06 85 04 97 95
sophie.lemaire [at] inrap.fr