Dans le cadre des travaux de la ligne b du métro de Rennes, des archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mènent une opération de fouille préventive place Saint-Germain, à l'emplacement d'une future station.

Dernière modification
28 juillet 2016

Prescrite par les services de l'État, cette opération, d'une durée de 5 mois, fait suite à des recherches effectuées en 2009, puis 2011. Ces sondages ont permis de reconnaître la présence d'un quartier qui se développe à partir de la fin du Moyen Âge entre l'église st-Germain et la deuxième enceinte fortifiée de Rennes. Ce quartier évolue jusqu'à sa destruction lors d'un bombardement en juin 1944. 

Les traces du bombardement de 1944 : un témoignage poignant

Immédiatement sous les niveaux de voirie récents apparaît l'arase des murs des maisons détruites lors du bombardement de juin 1944. Ainsi, c'est tout le plan du quartier qui réapparaît. Le déblaiement des gravats liés au bombardement met au jour l'aménagement des habitations dotées d'éléments de confort : plusieurs maisons ont un sol de carrelage et disposent de l'eau courante et de l'électricité.
Par ailleurs, la fouille des niveaux incendiés livre un témoignage saisissant sur la violence de la destruction et la soudaineté du drame. Ainsi, les archéologues ont exhumé les objets de la vie quotidienne abandonnés sous le bombardement et ensevelis sous les décombres : vaisselle, luminaire, ustensiles de cuisine côtoient parfois les outils d'un artisan. Un réveil-matin et une montre à gousset, arrêtés sensiblement à la même heure, apportent une précision troublante sur l'instant de la destruction : le 9 juin 1944, entre minuit et deux heures du matin.

St-Germain : un quartier médiéval

Le quartier détruit en 1944 est d'origine ancienne. Il apparaît sur une vue de Rennes dessinée en 1616 qui montre une rue bordée de maisons reliant l'église Saint-Germain à une porte fortifiée. Celle-ci, localisée lors de sondages en 2009, est bâtie sur le modèle de la porte Mordelaise. Elle s'insère dans un vaste chantier de fortification de la ville initié par le duc Jean V vers 1430 et achevé plus de 10 ans plus tard. Les comptes de la ville permettent de dater la porte Saint-Germain des années 1440. Un second front bâti se développe au sud de l'ilot, le long de la rue des Francs-Bourgeois.
La fouille intégrale de l'espace de la station a pour objectif l'étude de ce quartier depuis sa mise en place jusqu'à sa destruction violente. Ainsi pourront être abordées les questions de l'urbanisation  au Moyen Âge de ce secteur situé hors du périmètre de la ville antique, de l'impact de la construction du rempart sur l'urbanisme, de l'évolution de la ville aux époques modernes et contemporaines, ainsi que la relation de la ville avec le fleuve qui la traverse.

Un quartier gagné sur la Vilaine ?

Une étude documentaire réalisée en 2008 pose l'hypothèse de la présence d'anciens méandres de la Vilaine, fossilisés dans le parcellaire ancien de la ville, encore visible rue de la Baudrairie notamment. Cette hypothèse est confirmée par l'analyse des sédiments reconnus par les sondages géotechniques préalables aux travaux du métro. Ainsi, entre les niveaux superficiels correspondant aux vestiges archéologiques et le toit du substrat rocheux, des alluvions argileuses ont été reconnues sur des épaisseurs variant de 1 à 3 mètres environ. Leur étude dans le cadre de l'opération de fouille permettra d'étudier des aménagements de berge éventuels et  le comblement de ce bras mort du fleuve. Ces éléments viendront compléter ceux recueillis lors de la construction de la station République sur la ligne a, remontant au plus tôt au second millénaire avant J.-C. Ils apporteront des connaissances sur la variation du débit et du cours du fleuve, ainsi que sur l'évolution climatique au cours des quatre derniers millénaires.
Aménageur : Semtcar, pour le compte de Rennes Métropole
Contrôle scientifique : Drac Bretagne
Recherche archéologique : Inrap
Adjoint scientifique et technique : Michel Baillieu, Inrap
Responsable scientifique : Laurent Beuchet, Inrap
Contact(s) :

Sandrine Lalain
chargée du développement culturel et de la communication
Inrap, direction interrégionale Grand Ouest
02 23 36 00 64 / 06 45 99 16 03
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