A Vandières, Meurthe-et-Moselle, le diagnostic archéologique préalable à la construction de la route d'accès à la zone de stockage n° 13 et au raccordement nord de la ligne à grande vitesse sur le réseau ferré existant a révélé quatre gisements de densité et de chronologie différentes.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

L'étude de ces données n'étant pour le moment pas achevée, les résultats exposés sont donc présentés sous la forme d'un inventaire par période. 

Deux structures circulaires de diamètres compris entre 0,90 et 1,20 m, colmatées par un sédiment limono-sableux brun gris, ont livré un mobilier peu abondant composé de quelques éclats de silex et de fragments de céramique atypiques dont la pâte et le type de cuisson rappellent la facture des récipients de la fin du Néolithique et du Campaniforme. Cette proposition de chronologie est donnée sous réserve d'être validée par l'étude du mobilier.



Trois incinérations de la fin de l'âge du Bronze ont été prélevées en bloc pour être fouillées en laboratoire. Sur le lot, une urne bien conservée contenait la totalité de l'amas osseux calciné ainsi que trois offrandes secondaires caractérisées par un couteau en alliage cuivreux, deux gobelets à épaule et une écuelle. Cette structure funéraire est datée du Bronze final IIb. L'étude anthropologique est en cours de finalisation.

Une fosse de forme elliptique au contour irrégulier de 2,40 sur 1,30 m contenait dans la partie supérieure de son comblement de nombreux nodules de terre brûlée et des fragments de céramique attribuables à la période hallstattienne. L'étude du mobilier permettra d'affiner la chronologie de cet ensemble clos. Sa localisation sous la future piste de roulement des engins de chantier n'a pas permis de sonder le reste de la parcelle et ainsi d'évaluer le potentiel réel du gisement.

Dans l'angle d'un bâtiment, un alandier de pilettes placées de chant s'ouvre sur un sol de plan subcarré constitué de tuiles concassées. Cet aménagement présenterait les caractéristiques d'un séchoir ou d'un fumoir. Cette interprétation est proposée sous réserve du résultat des comparaisons intersites et des recherches bibliographiques. En périphérie du bâtiment, sont recensés une petite structure en coffre aménagée de tegulae disposées de chant, plusieurs fours rectangulaires, une fosse d'extraction de matériaux et des poteaux.

Toutes ces structures attestent la présence d'un établissement rural gallo-romain. Le traitement de ces données n'a pas encore débuté. Il n'est donc pas possible d'engager une discussion sur les aspects chronologiques. On peut cependant signaler que le gisement est localisé à une trentaine de mètres au sud-est de la ferme de Moulon dont la clef de voûte du portail indique une date fin XVIIIe. Le corps de ferme pourrait être construit sur des vestiges plus anciens contemporains de nos découvertes.

Les résultats sont à mettre en perspective avec les gisements de Pagny-sur-Moselle, Maladrie et Vandières, Corvée aux Loups, établissements ruraux gallo-romains localisés au nord et au sud et distants d'environ 500 m. L'implantation de ces deux fermes gallo-romaines et celle de Moulon se trouvent sur une bande d'environ 300 m de large entre la limite ouest des derniers paléochenaux de la Moselle et le pied de la cuesta. Un travail d'analyse spatiale des différentes occupations antiques pourrait être envisagé dans ce secteur de la moyenne Moselle.