À l'occasion de la construction du musée du quai Branly, Paris, qui ouvrira ses portes en 2005, des fouilles sont menées par une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), sur prescription et contrôle scientifique de l'État (Drac Ile-de-France, service régional de l'Archéologie).

Dernière modification
19 février 2016

Une pirogue s'est ensablée dans le fleuve qui coulait à cet emplacement il y a plusieurs siècles. Elle apparaît actuellement sur une longueur de 6,70 m pour une largeur, mesurée entre les deux bordés, de 76 cm.  Son profil en berceau est assez classique mais il faut attendre de la dégager pour préciser ses dimensions et sa datation. Au premier regard des spécialistes, elle aurait été creusée dans un tronc de chêne au plus tard au cours de l'Antiquité. En effet, elle se trouve sous un niveau de pieux ayant sans doute servi de pontons à une pêcherie à cette époque.

Une découverte qui précise le tracé de la Seine ancienne

Cette découverte a un très grand intérêt archéologique. Elle confirme la présence d'un ancien chenal actif de la Seine. Des analyses paléoenvironnementales sur l'ensemble de la zone livreront des informations intéressantes sur le paysage environnant aux époques antique et plus ancienne. Cette découverte a aussi un intérêt muséographique par le faible nombre de pirogues conservées à ce jour.

C'est pourquoi, l'État, l'Inrap, l'établissement public du musée du quai Branly, un laboratoire habitué au traitement de ce type de vestiges, des spécialistes du bois et des bateaux, et les entreprises du chantier architectural du musée réfléchissent ensemble à la stratégie de dégagement et de conservation préventive de la pirogue.

Une deuxième campagne de fouille au printemps 2003

Indépendamment de la première fouille qui se termine bientôt, et suite aux diagnostics préalables, l'État a prescrit une fouille dans une autre parcelle. Elle permettra une exploration non négligeable de ce secteur. L'étroite collaboration entre tous les partenaires conciliera problématique scientifique, projet architectural et contraintes techniques liées à la nappe d'eau sous-jacente et à la très grande profondeur des travaux. Comme pour la première fouille, un caisson étanche sera construit afin de travailler en toute sécurité. L'entrepreneur devrait assurer le décaissement jusqu'à une certaine profondeur, sous la surveillance des archéologues, et la stabilisation des parois. Puis, ceux-ci prendront la relève pour la fouille.