Inauguré le 4 septembre 2008, le Collège des Bernardins, joyau de l'architecture gothique cistercienne au coeur de Paris, devient désormais le lieu de réflexion et de dialogue sur la place de l'homme dans la société à l'initiative de l'Église catholique. Au cours de sa réhabilitation, de 2003 à 2008, des équipes de l'Inrap ont réalisé des recherches archéologiques dans les terrains et les maçonneries à l'occasion de leur mission de surveillance de travaux.

Dernière modification
19 février 2016
Le grand logis du Collège des Bernardins est le seul bâtiment subsistant d'un complexe ecclésiastique fondé dans la seconde moitié du XIIIe siècle sur la rive gauche de la Seine. Il s'agit d'un des rares monuments gothiques subsistant de l'ancienne université de Paris, un des établissements les plus importants à l'époque médiévale. Son étude constitue une fenêtre sur l'histoire parisienne autant que sur celle de l'ordre cistercien. Il présente un caractère exceptionnel, tant par sa situation, son état de conservation, sa dimension que par son histoire.
 
Les recherches archéologiques ont mis en évidence la présence d'ateliers de potiers voisins, une découverte qui bat en brèche la vieille théorie selon laquelle il n'y avait pas de production potière à Paris à l'époque médiévale.
L'archéologie du bâti, sur l'édifice en élévation, a permis d'appréhender les problèmes de déformation de certains points du bâtiment dans les contextes alluviaux de la Seine, ainsi que les solutions techniques adoptées par les architectes médiévaux. La physionomie originelle du bâtiment est mieux connue par l'étude des éléments de la charpente médiévale in situ et des baies du premier étage. Dans la sacristie, des sondages ont atteint les niveaux archéologiques de la première chapelle, antérieure à la collégiale. Ce secteur a, entre autres, livré une pierre tombale du moine Gunther de Schwartzburg, fondateur de l'abbaye de l'aumône en Thuringe mort en 1306.
Deux statues attribuées au XIVe siècle ont été exhumées : l'une, acéphale, porte une épaisse polychromie sur un vêtement plissé ; l'autre, un Christ en simulacre de costume royal, coiffé de la couronne d'épines, est un thème peu répandu dans la statuaire médiévale parisienne. Il devait s'intégrer au trumeau du grand portail occidental de l'église de 1338.
Quatorze sépultures du cimetière des moines ont été dégagées, la plus ancienne appartenant à la première moitié du XIVe siècle.
Des travaux ont aussi porté sur la périphérie de ce grand édifice médiéval. Au sud, les archéologues ont retrouvé un bâtiment de l'aile claustrale, accolé à l'égout qui se jetait dans le canal de la Bièvre. Au rez-de-chaussée, une vaste salle pouvait servir à la confection des repas. Ces recherches ont largement accru la documentation disponible et renouvelé les connaissances sur l'un des établissements médiévaux les plus importants de Paris.

L'Inrap

Avec près de 2 000 collaborateurs et chercheurs, l'Inrap est la plus importante structure de recherche archéologique française et l'une des toutes premières en Europe. Institut national de recherche, il réalise l'essentiel des diagnostics archéologiques et des fouilles en partenariat avec les aménageurs privés et publics : soit près de 2 500 chantiers par an, en France métropolitaine et dans les Dom.

Voir également

« Le site du collège des Bernardins redécouvert par l'archéologie »,
in Le livre des Bernardins, éditions du Collège des Bernardins, Paris 2008
Aménagement : Diocèse de Paris
Contrôle scientifique : Service régional de l'archéologie (DRAC Île-de-France)
Recherche archéologique : Inrap
Responsables scientifiques : Séverine Hurard, Arnaud Prié, Marc Viré, Inrap
Contact(s) :

Mahaut Tyrrell
chargée de communication médias
Inrap, pôle partenariats et relations avec les médias
01 40 08 80 24 - mahaut.tyrrell [at] inrap.fr

Sophie Jahnichen
chargée du développement culturel et de la communication
Inrap, direction interrégionale Centre-Île-de-France
01 41 83 75 51 - sophie.jahnichen [at] inrap.fr