A Besançon, Doubsn, la fouille était motivée par le déplacement d'une fontaine monumentale lors d'un réaménagement de la place et de la réalisation d'un sous-sol technique, sur une emprise de 19 m de diamètre, en préalable à la repose.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

La faible surface des travaux n'a pas permis de réaliser de sondage préalable et une fouille préventive a été directement engagée, sur une profondeur de 3 à 3,50 m, définie par le creusement nécessaire au projet. L'objectif de cette fouille était de caractériser l'occupation antique et de rattacher les vestiges mis au jour à ceux des thermes découverts en 1964 à proximité immédiate. Il s'agissait aussi de rechercher une éventuelle occupation au cours de l'Antiquité tardive et au Moyen Âge.


Les thermes antiques

La fouille a permis d'étudier le site du début de l'occupation gallo-romaine, au début du Ier siècle, jusqu'à nos jours. Les plus anciennes traces d'occupation observées sont déjà caractérisées par une architecture en pierre d'influence romaine (les niveaux antérieurs plus profonds ont été préservés). De cette phase, postérieure à l'an 40, datent un mur de parcelle et une pièce circulaire inscrite dans une maçonnerie de plan carré, qui pourrait appartenir à des installations thermales.
Les constructions de la seconde phase (seconde moitié du Ier siècle ou IIe siècle) peuvent être clairement identifiées comme appartenant à des thermes. Une grande pièce chauffée est édifiée à l'emplacement du bâtiment circulaire, parallèlement au mur de parcelle. L'ensemble est peu à peu agrandi. Un local technique produit l'air chaud destiné aux hypocaustes, tandis qu'apparaît une nouvelle salle chauffée à l'ouest. Vraisemblablement aménagé en limite sud-ouest du site, un second local de chauffe est équipé d'une chaudière produisant de la vapeur d'eau. Une pièce y est accolée par la suite, accessible de l'extérieur par une rue située sans doute à proximité ; il pourrait s'agir d'une boutique. Lors des dernières phases d'occupation antique, des modifications mineures affectent le fonctionnement des thermes : fermeture du local de chauffe, rehaussement des sols, modifications et réfection des foyers.
La confrontation des données de la fouille avec les informations recueillies en 1964 a permis, en assemblant les deux plans, d'obtenir une vision plus étendue de l'ensemble thermal. D'autre part, un plan établi en 1850 lors du creusement du réseau d'égouts indique l'emplacement des maçonneries traversées par la tranchée ; certaines ont permis de compléter le plan des thermes et notamment celui de la grande pièce chauffée (caldarium).

Un Moyen Âge peu documenté

Pour le haut Moyen Âge, aucune trace d'occupation n'est observable, sans qu'il soit pour autant possible d'affirmer que le site ait alors été totalement abandonné. Si la démolition des constructions romaines est attestée à partir du XIIIe siècle, on ne sait rien de l'histoire du site entre le IVe et le XIIIe siècle. Les sols du XIIIe siècle, appartenant sans doute au sous-sol d'un bâtiment totalement disparu, s'étendaient immédiatement sur le sol inférieur de l'hypocauste (area), sur lequel les vestiges des pilettes et du sol supérieur (suspensura) avait été soigneusement évacuée.
L'occupation médiévale, ignorée en 1964, a pu être mise en évidence. Le sol (XIIIe-XVe siècles) était peu distant du sol actuel, sans doute à une cinquantaine de centimètres de profondeur. Les vestiges d'un sous-sol (cave ou cellier semi-enterré) du XVe siècle ont pu être identifiés, mais les perturbations des niveaux supérieurs ont trop largement perforé les sols médiévaux pour que l'on puisse déterminer à quel type de bâtiment ils appartenaient. Il s'agissait probablement d'une habitation privée. Par analogie avec les vestiges observés, certaines maçonneries levées en 1964 ont été datées de la période médiévale.

Un atelier médiéval de bronzier

Un four de bronzier a été mis au jour dans un angle du site, perforant plusieurs niveaux d'area romaines. Daté du XVe siècle, il appartient sans doute à un atelier qui, accessible par la cave d'un bâtiment reconnu lors de la fouille de 1964, s'étendait en direction du nord.
Le four est constitué de deux parties superposées. La partie inférieure est maçonnée, en pierres parementées à l'intérieur et liées à l'argile. Une sole perforée sépare les deux parties du four. Elle est composée d'une grille en fer supportant des fragments de tuiles recouverts d'une épaisse couche d'argile. De plan ovalaire, la structure supérieure est construite entièrement en tuiles romaines en réemploi, liées à l'argile. La partie inférieure du four, sur laquelle aucune trace de rubéfaction n'est visible, servait à la ventilation du four au moyen des perforations de la sole. Dans la partie supérieure, les creusets contenant les métaux à fondre étaient posés sur des braises attisées par l'air venant du bas. La structure supérieure n'était pas couverte, de manière à contrôler la fusion du métal et à prélever les creusets pour la coulée.
Deux creusets complets ont été découverts dans le four.