Cette fouille préventive s’effectue préalablement au projet de réaménagement du quartier Saint-Sauveur par la mairie de Caen.Prescrite par le service régional de l’Archéologie (Drac Basse-  Normandie), cette opération se déroule de mai à juillet, en trois phases, réparties de part et d’autre de la statue de Louis XIV et devant l’église Saint-Sauveur.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Elle permettra d’étudier les occupations de cette place de marché entre le XIIIe et le XVe siècle, ainsi qu’une partie du cimetière de l’ancienne église Saint-Sauveur.

Une place de marché médiévale

Au XIIIe siècle une grande campagne de travaux est effectuée sur la
totalité de l’espace, qui est aplani entre la place Fontette à l’ouest et
l’église Saint-Sauveur à l’est détruisant les occupations antérieures.
De petits galets en silex et en calcaire sont soigneusement enfoncés
dans le limon donnant au sol un aspect de mosaïque. Le lieu
s’envasant peu à peu, il est nécessaire de surélever les passages
piétons et d’installer de nouvelles chaussées. Au moins cinq
aménagements de places successives, entre le XIIIe et le XVe siècle,
ont été étudiés. Les principaux vestiges témoignant de l’existence
d’un marché sur la place à cette époque sont des ornières formées
par le passage des chariots. Elles permettent de préciser le sens
de circulation des véhicules : le principal axe allait d’est en
ouest jusqu’au croisement avec les rues aux Fromages au sud et
Pémagnie au nord. L’absence de restes de structures maçonnées
invite à penser que les étals du marché étaient de facture légère,
sans doute en bois, et facilement transportables.

Le mobilier archéologique mis au jour

Lors de la fouille, ont été mis au jour de nombreux ossements
animaux et des fragments de céramique provenant surtout de
pichets à vin glaçurés, décorés d’écailles, de bandes verticales ou
de fleurs. Une tête, recouverte de glaçure verte et représentant
probablement un moine avec sa tonsure, a également été exhumée.
La bouche ne sourit que d’un côté si bien qu’en fonction du profil
que l’on regarde, il affiche ou non un air joyeux. Cette pièce devait
faire partie d’un pot plus important, peut-être un aquamanile, vase
à eau en forme d’animal ou de personnage. Une vingtaine de billes
en terre cuite vernissées en vert ont également été retrouvées, signe
que ce jeu était ici pratiqué au moins depuis le Moyen Âge. Enfin,
les animaux (cheval, âne, mule, etc.) qui traversaient la place ont
perdu de nombreux fers qui se sont enfoncés dans le sol et ont pu
être prélevés.

Le cimetière Saint-Sauveur (xvie-xviie siècle)

Le parvis de l’église, d’une superficie de 400 m², est séparé du reste
de la place par un mur en demi-cercle. Le cimetière d’enfants est
présent dans cet espace entre l’église et un second mur transversal,
délimitant un espace sépulcral de 300 m². Par dessus les sépultures
a été installé un socle en calcaire servant probablement à soutenir
un calvaire.
L’espace fouillé ne comporte que des tombes d’enfants dont la
plupart avaient moins de trois ans à leur décès. Ils sont enterrés
sur le dos, enveloppés dans des linceuls et couchés dans un
cercueil en bois. Les archéologues ont retrouvé des fragments
de tissus, des épingles en bronze, utilisées pour fixer les linceuls,
ainsi que des clous en fer et des restes de bois témoignant de
la forme rectangulaire ou trapézoïdale des cercueils. L’étude
anthropologique des sépultures devrait permettre notamment de
déterminer la cause du décès de ces enfants. La première étude
biologique montre qu’ils souffraient de maladies liées à des
carences alimentaires graves qui ont fini par entraîner leur mort.