Conférences
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Mis à jour le
04 mars 2016
Colloque
Archéologie des migrations

Colloque international organisé par l’Inrap, en partenariat avec le Musée national de l’histoire de l’immigration.
Les 12 et 13 novembre 2015 au Musée national de l’histoire de l’immigration.

Archéologie des migrations
par Paul Salmona, directeur du MAHJ et spécialiste de l'archéologie préventive et d'archéologie du judaïsme

Bien que la présence juive soit attestée dès le Ier siècle avant notre ère en Narbonnaise, son archéologie est encore embryonnaire. Pourtant, les vestiges des cimetières restituent les traces ténues de l'existence d'importantes communautés médiévales, puis de leur expulsion au XIVe siècle. Plus tardives, les nécropoles lorraines témoignent de la « réinstallation » des Juifs au XVIe siècle pour avitailler la citadelle de Metz. Celles de la côte aquitaine conservent la trace de la tolérance dont firent preuve les « nouveaux chrétiens » fuyant l'Inquisition en Espagne et au Portugal. Des inhumations récemment mises au jour dans une cave du XVIIIe siècle de l'Hôtel Dieu de Lyon attestent la circulation de Juifs dans le royaume alors que l'édit d'expulsion de 1394 est encore en vigueur. Des synagogues médiévales sont reconnues à Carpentras, Montpellier ou Orléans, mais on ignore presque tout de l'emplacement des édifices communautaires (synagogues, écoles, bains, boulangeries, boucheries...) réaffectés à d'autres usages dans les centres anciens de centaines de villes dont la toponymie a pourtant gardé la mémoire (rues « de la juiverie »...). À partir du XIXe siècle, certaines synagogues témoignent de l'arrivée de Juifs de toute l'Europe (comme celle de la rue Pavée, à Paris, édifiée par Hector Guimard pour une communauté hassidique russe). Enfin, l'espace urbain garde la trace de l'arrivée des Juifs du Maghreb après la décolonisation dans des quartiers dont la sociologie a profondément changé au cours des dernières décennies.

L'archéologie permet ainsi de retracer l'émergence, la disparition, le maintien ou la reconstitution de communautés très diverses, dont la connaissance reste une tache aveugle dans l'histoire de France.
Paul Salmona, né en 1955, céramiste et hispanisant de formation, a été directeur de l'auditorium du Louvre (1992-2005), puis directeur du développement culturel et de la communication de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (2005-2013). Il enseigne à l'École du Louvre depuis 2005 et dirige le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (Mahj) depuis 2013. Il a été à l'initiative du colloque Archéologie du judaïsme en France et en Europe, organisé par l'Inrap et le Mahj en janvier 2010. 
 
Bibliographie
  • SALMONA P., SIBON J. (dir.) (2015), Saint Louis et les Juifs - Politique et idéologie sous le règne de Louis IX, actes du colloque organisé au Mahj avec le Centre des monuments nationaux en janvier 2014, Éditions du Patrimoine-Mahj-Nouvelle Gallia judaica, avec le concours de l'académie Hillel.
  • SALMONA P., SIGAL L. (dir.) (2011), L'Archéologie du judaïsme en France et en Europe, avec le concours de la Commission européenne, de la Fondation Rothschild, de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et de la Fondation du Judaïsme français, Paris, La Découverte-Inrap-Mahj.
  • « Un descubriment capdal per a la Historia de l'Europa medieval » (« Une découverte majeure pour l'histoire de l'Europe médiévale »), in Tragedia al call - Tàrrega 1348, 2014, Museu Comarcal de l'Urgell-Tarrega (introduction du catalogue de la présentation permanente des vestiges de la fosse commune fouillée en 2007, témoignant d'un massacre commis en 1348 dans la juiverie de Tàrrega).
  • Tragedia al call - Tàrrega 1348 (2014), « Un descubriment capdal per a la Historia de l'Europa medieval », Museu Comarcal de l'Urgell-Tarrega.
  • « Nos ancêtres les Juifs d'Europe », dossier coordonné par SALMONA P., L'Arche, 620, janvier 2010.
  • « Le judaïsme médiéval en France : une présence oubliée » (avec SIGAL L.), Le Monde, 17 janvier 2010.
Voir aussi :
  • BLANCHARD P, GEORGES P., DE MECQUENEM Cl. (2009), « Le cimetière juif au Moyen Âge. Un lieu d'exclusion ? », Archéopages, 25 (Ségrégations).
  • BLANCHARD P, GEORGES P., PARENT D. (2012), « L'apport de l'archéologie préventive dans la recherche des vestiges du judaïsme : l'exemple des pratiques funéraires », , Archéopages, hors série (Nouveaux champs de la recherche).
  • BLANCHARD P., GEORGES-ZIMMERMANN P. (2015), « Diagnostiquer un cimetière juif médiéval : l'expérience de Châteauroux », Thanat'Os, 3 (Cimetières et identités), Ausonius-Maison des sciences de l'Homme d'Aquitaine.
  • BLUMENKRANZ B. (dir.) (1980), Art et archéologie des Juifs en France médiévale, Toulouse, Privat.
    HUSER A., DE MECQUENEM Cl. (2009), « Tsarfat et Provintsia. Aspects des judaïsmes médiévaux européens : les sites de Montpellier et Lagny-sur-Marne », Archéopages, 25 (Ségrégations).
  • NAHON G. (1986), Inscriptions hébraïques et juives de France médiévale, Paris, Les Belles Lettres.

Transition

Année :
2015