Conférences
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Mis à jour le
14 septembre 2016
Colloque
Archéologie de la santé – anthropologie du soin

Colloque international organisé par l’Inrap, en partenariat avec le Musée national de l’homme.
Les  30 novembre et  1er décembre 2016 à l'Auditorium Jean Rouch - Musée de l’Homme

Matériel médical de l'US Army provenant de l'ancien hôpital militaire américain (1917-1919) à Saint-Parize-le-Châtel. © Denis Gliksman, Inrap

Archéologie de la santé – anthropologie du soin
par Sacha Kacki et Stéfan Tzortzis, docteur en anthropologie biologique 

Inscription

L'accès au colloque est libre, sur réservation, dans la limite des places disponibles.

« Un mal qui répand la terreur - Mal que le ciel en sa fureur - Inventa pour punir les crimes de la terre […] »

Quel événement plus meurtrier et redouté en effet qu’une épidémie de peste pour évoquer la colère divine s’abattant sur le monde. Ces premiers vers de l’une des fables de La Fontaine expriment par là une conception de cette maladie très largement partagée par ses contemporains. Pour autant, si la nécessité de s’en remettre à Dieu et de le manifester pour éloigner ce fléau ou en réchapper resta ancrée dans les mentalités des populations européennes menacées ou touchées, ces dernières ne s’en contentèrent bien évidemment pas. Notre communication vise ainsi, à travers l’analyse des sources historiques et des témoins archéologiques disponibles, à brosser un tour d’horizon sommaire des mesures, ponctuelles puis généralisées qui, durant près de quatre siècles de flambées épidémiques plus ou moins localisées et espacées, ont été conçues et mises en œuvre contre la peste. Globalement, ces mesures ont trois finalités : tenter de prémunir les communautés de la maladie, prendre en charge et soigner les malades, et gérer les conséquences sanitaires des épidémies, en premier lieu la multiplication des cadavres ; ceci à l’aune d’un état des connaissances ignorant bien entendu encore le bacille Yersinia pestis, ses modes de propagation ainsi que la médication efficace pour le combattre et qui, pendant longtemps, fait de la corruption de l’air par les miasmes la source de la maladie.

Sacha Kacki, docteur en anthropologie biologique de l’université de Bordeaux, est archéo-anthropologue au sein de l’Inrap et membre de l’UMR 5199 PACEA. Spécialiste en archéologie funéraire médiévale et moderne, il mène notamment des travaux sur les épidémies de peste, qu’il aborde par le prisme de l’analyse de leurs témoins sépulcraux. Ses travaux concernent tant la gestion funéraire de ces crises épidémiques que les caractéristiques biologiques des victimes de la maladie.

Stéfan Tzortzis, docteur en anthropologie biologique d’Aix-Marseille Université est archéo-anthropologue, ingénieur d’études CNRS, et membre de l’UMR 7268 ADES. Spécialiste en Préhistoire et en archéologie funéraire, il travaille tout particulièrement sur les épidémies de peste de l’époque moderne en confrontant témoins archéologiques mortuaires et archives historiques, dans le cadre de l’étude de la gestion funéraire et de la ponction démographique en temps de crise épidémique.

Dominique Castex est directrice de recherche CNRS, membre de l’UMR 5199 PACEA.

Michel Signoli est directeur de recherche CNRS, il dirige l’UMR 7268 ADES.

Bibliographie

  • Castex D., Cartron D. dir. (2007), Épidémies et crises de mortalité du passé. Actes des séminaires (année 2005) de la Maison des Sciences de l’Homme. Pessac, Ausonius Éditions, Études, 15, 243 p.
  • Kacki S. (2016), Influence de l’état sanitaire des populations anciennes sur la mortalité en temps de peste. Contribution à la paléoépidémiologie, thèse de doctorat d’anthropologie biologique, Bordeaux, université de Bordeaux, 749 p.
  • Signoli M. (2006), Étude anthropologique de crises démographiques en contexte épidémique. Aspects paléo- et biodémographiques de la peste en Provence, Oxford, BAR International Series, 1515, 156 p.
  • Tzortzis S. (2009), Archives biologiques et archives historiques. Une approche anthropologique de l’épidémie de peste de 1720-1721 à Martigues (Bouches-du-Rhône, France), Thèse de doctorat d’anthropologie biologique, Marseille, université de la Méditerranée, 2 vol., 498 p.
Année :
2016