En tant qu’organisme de recherche, l’Inrap met en place une troisième programmation afin de structurer son activité scientifique selon des axes à la fois innovants et fédérateurs, intégrant les découvertes récentes et les avancées de la recherche archéologique.

Mis à jour le
29 juin 2016

L'Inrap ne choisit pas les interventions qu’il réalise mais, disposant d’une masse importante des données issues de ces opérations, doit hiérarchiser des priorités en vue de leur exploitation sous la forme d'une programmation interne. Validée par les instances de l’institut, celle-ci a également été présentée pour avis au Conseil national de la recherche archéologique.
Elle est en premier lieu l’occasion de réaffirmer qu’il n’existe aucune raison autre qu’opérationnelle de distinguer l’archéologie préventive de l’archéologie programmée. L’unicité de la discipline a pour corollaire la complémentarité des deux modes d’intervention dans la poursuite des objectifs d’accroissement des connaissances et de diffusion des résultats de la recherche. Ainsi, non contrainte par l’aménagement du territoire, la recherche programmée a vocation à investir des territoires ou des thèmes peu ou pas traités dans le cadre préventif, tandis que les données issues de l’archéologie préventive peuvent s’intégrer à des programmes conduits par les organismes de recherche.
La programmation de l'Inrap devra rapidement évoluer afin de répondre aux attentes de la programmation nationale qui va nouvellement se mettre en place et d'atteindre une vision d’ensemble des actions où cette complémentarité d'action s’exerce.

Cadre général et objectifs

Pour le quadriennal 2015-2018, l’Inrap a opté pour une politique de recherche claire, dynamique et incitative avec un choix resserré d’axes de recherche. Ces axes prioritaires constituent un cadre devant structurer les activités de recherche et intégrer les « projets d’activité scientifique ». La programmation se présente selon deux orientations principales. La première suit un découpage chrono-culturel classique alors que la deuxième propose de mettre en exergue des thématiques transversales offrant une vision plus générale de l’évolution des sociétés dans leur environnement. Elle est également l’occasion de préciser la stratégie de l’établissement à l’international et de valoriser des investissements qui s’imposent à l’archéologie dans les technologies de pointes.

Il s’agit d’offrir aux agents de l’institut l’occasion de s’investir dans des problématiques globalisantes, à partir des réflexions traditionnelles (habitat, funéraire, culture matérielle) conduites pour chaque grande période. L’objectif est aussi de susciter des échanges, de motiver des groupes de travail et des recherches transversales coordonnés par des référents. Notons une nouveauté pour ce quadriennal : l’ouverture des activités de recherche au domaine public maritime et aux eaux intérieures. Des projets plus spécifiques comme les « enquêtes nationales », pourront s’inscrire au gré de l’actualité de la recherche.

L’accent sera mis sur l’organisation de colloques nationaux ou internationaux présentant les résultats issus des thématiques développées.

Axe 1 : Approches chrono-culturelles (habitat, funéraire, culture matérielle)

Cet axe de recherche, qui s'appuie principalement sur les résultats des opérations, est décliné en grandes phases chronologiques :

Il a surtout pour vocation d’identifier et de caractériser les cultures matérielles et les modalités d’occupation durant les périodes définies. Au delà des sites majeurs, qui faire l’objet d’études poussées, cet axe doit permettre le recensement et l’étude de sites mineurs ou isolés, de révéler les indices de sites porteurs d’informations essentielles (ex : sur un groupe culturel, une phase chronologique restreinte). Il doit conduire à des publications de références qu’il s’agisse de monographie ou de mise en série de données.

Axe 2 : Approches thématiques

Cet axe de recherche, portant sur des ensembles ou des séries, incite à dépasser les limites d’une opération ou d’un site. Les thèmes proposés portent l’accent sur les relations que ces derniers entretiennent entre eux dans l’espace comme dans le temps :

  • Dynamiques d’implantation et évolution des occupations ;
  • Impacts environnementaux : exploitations des ressources et productions anciennes ;
  • Réseaux d’échanges et de circulation ;
  • Archéologie des villes ;
  • Archéologie des conflits.

L’Inrap souhaite ici valoriser un important corpus de données accumulées sur l’ensemble du territoire national dans le cadre de l’archéologie préventive. Il s’agit d’offrir un cadre à des programmes de recherche visant à renseigner les limites des terroirs et leurs composants, leurs valeurs attractives, leur capacité de subsistance, mais également d’en appuyer les principes d’évolution, les ruptures ou continuités, les adaptations ou les modifications, etc. Il s’agit de formaliser des questionnements autour desquels la communauté archéologique sera invitée à se rassembler et à partager données et résultats.

La diffusion des résultats des projets sous forme de colloques, tables rondes ou séminaires, sera privilégiée.

Axe 3 : Activités scientifiques internationales

L’Inrap, acteur reconnu de la recherche en archéologie en dehors du territoire national, est devenu une référence internationale pour l’archéologie préventive. En liaison étroite avec le ministère de la Culture et de la Communication, il est donc très sollicité pour participer à des projets scientifiques en collaboration avec des organismes français de recherche opérant à l’étranger ou de façon bilatérale avec des institutions étrangères.

L’intégration des projets internationaux à la programmation scientifique de l’Inrap a pour objectif de répondre de façon structurée et innovante au défi d’une recherche archéologique dépassant naturellement (et de façon croissante) les frontières nationales.

Dans le cadre de cet axe, 3 priorités sont données :

  • L’intégration de l’Inrap à l’espace européen de la recherche ;
  • La participation aux missions françaises archéologiques à l’étranger ;
  • La collaboration internationale autour de l’archéologie des Amériques.

Axe 4 : Projets en recherche et développement

Les projets se présentent en trois volets : recherche fondamentale, recherche appliquée et développement expérimental. Il s’agit de développer des techniques et de proposer des méthodes innovantes de travail, du terrain à l’exploitation des résultats. Sont concernés les travaux en sédimentologie, micromorphologie, géo-archéologie, les techniques de terrain au sens large (relevé, fouille, détection…). Les retours sur expérience doivent alimenter les réflexions et permettre une mise en application de traitements des données archéologiques.

Les questionnements pourront porter sur la télédétection (LIDAR), la photogrammétrie, les relevés et scanners 3D, les drones, les tablettes, le SIG, la géophysique, les techniques spécifiques au subaquatique, la caractérisation des matériaux, la tomographie, le recueil et l’exploitation des données, les analyses géochimiques (isotope de strontium), etc.

Il s’agit avant tout d’un axe d’exploration de nouvelles technologies au service de l’archéologie. Ces projets devront très souvent être réalisés dans le cadre de partenariat afin d’en assurer le développement et de garantir les propriétés intellectuelles, voire industrielles.