Le rapport d’opération archéologique est un document administratif, scientifique et patrimonial, qui présente les résultats d’une opération et marque son achèvement.

Mis à jour le
07 avril 2016

Le rapport d’opération archéologique est produit à l’issue de toute opération archéologique, qu’il s’agisse d’un diagnostic ou d’une fouille (cf. article présentant les 2 types d’opération). Conçu et rédigé par l’archéologue responsable de l’opération, édité par l’opérateur d’archéologie préventive, le rapport est remis aux services de l’État pour validation : cet acte marque l’achèvement de l’opération. Le rapport de fouille est en outre soumis à l’expertise de la Commission interrégionale de la recherche archéologique (Cira), qui en évalue plus particulièrement le potentiel scientifique dans la perspective d’une publication.

Un document réglementairement structuré

Le contenu et la présentation des rapports d’opération sont réglementairement encadrés par l’arrêté du 27 septembre 2004 paru au Journal officiel n° 240 du 14 octobre 2004, qui prévoit une structure en trois sections.

La première section

Elle récapitule l’acte administratif, caractérise l’intervention et reproduit les principales pièces réglementaires afférentes : plan des emprises, arrêté de prescription, arrêté d’autorisation, etc.

La deuxième section

Elle est consacrée aux résultats archéologiques proprement dits, présentés dans leur contexte : situation géographique, environnement géomorphologique, substrat pédologique et géologique, période historique et occupation archéologique.

À partir des observations pratiquées et enregistrées sur le terrain, vestiges et mobiliers sont soigneusement détaillés et analysés dans le rapport : textes, figures, plans, coupes, diagrammes. On y trouve également une mise en phase de ces vestiges, et plus globalement, une présentation chronologique par ensembles caractérisés tels que lieux de culte, habitat, nécropole, commerce, lieu de production, etc. Les principales découvertes sont mises en perspective selon les problématiques de la recherche archéologique.

Le rapport de diagnostic ne saurait atteindre les mêmes résultats, car il vise avant tout à évaluer le potentiel archéologique d’un terrain destiné à être aménagé. Il s’agit essentiellement d’une expertise visant à guider les services de l’État dans la décision d’une éventuelle poursuite des recherches sous la forme d’une fouille.

La troisième section

Elle est constituée d’inventaires de deux types :

  • Des inventaires de données archéologiques se rapportant aux mobiliers, aux structures immobilières et aux couches sédimentaires mis au jour
  • Des inventaires propres à la documentation produite à l’occasion de l’opération, qui constitue les archives de la fouille : inventaires des photographies, des dessins, des fichiers informatiques, etc.

Un corpus d’un potentiel scientifique exceptionnel

Le rapport d’opération constitue la publication primaire du site auquel il se rapporte, riche en descriptions et analyses inédites. Plusieurs dizaines de milliers de volumes constituent aujourd’hui un corpus à très haute valeur scientifique.

Document polyvalent – administratif, scientifique, patrimonial – le rapport d’opération archéologique est toujours porteur de connaissances et de réflexions inédites.

L’Inrap a entrepris, depuis 2009, de valoriser sa contribution à ce corpus documentaire exceptionnel. Ainsi, le catalogue Dolia répertorie environ 29 000 rapports d’opération, soit 41 150 volumes conservés dans les centres archéologiques de l’institut. Une part de ces rapports est consultable en ligne. À noter que le rapport d’opération est protégé par le Code de la propriété intellectuelle.

Catalogue Dolia

Les rapports d’opérations archéologiques réalisées par l’Inrap sont référencés, et pour une partie d’entre eux, consultables en ligne sur le catalogue Dolia qui répertorie les ressources documentaires conservées par l’institut. Outre la documentation produite par l’Inrap dans le cadre de ses opérations archéologiques, ce catalogue caractérise et localise également la documentation acquise par l’institut (usuels, monographies, périodiques).

Quelques références bibliographiques

BESSON (Claire), CHAOUI-DERIEUX (Dorothée). — L'accès à la documentation scientifique. Les Nouvelles de l'archéologie n° 130/décembre, 2012, 64 p. <http://nda.revues.org/1893>.
Le réseau Archéo-IdF. — Le rapport de fouille, une matière première difficile à extraire. Les Nouvelles de l'archéologie n° 130/décembre, 2012, p. 17-21. [consultation du 17/09/2015]. < http://nda.revues.org/1913>. DOI : 10.4000/nda.1913.

SIMON-MILLOT (Rolande). — Un inventaire, des inventaires. Les Nouvelles de l'archéologie n° 130/décembre, 2012, p. 22-23. [consultation du 17/09/2015]. <http://nda.revues.org/1933>. DOI : 10.4000/nda.1933.

BESSON (Claire). — L’avis de la Cira et le rapport d’opération archéologique : un mariage de raison ? Les Nouvelles de l'archéologie n° 130/décembre, 2012, p. 24-26. [consultation du 17/09/2015]. <http://nda.revues.org/1935>. DOI : 10.4000/nda.1935.

SOULIER (Philippe) dir. — Le rapport de fouille archéologique : réglementation, conservation, diffusion. Paris : Éditions de Boccard, 2010. 18 articles, 190 p. (Travaux de la Maison René-Ginouvès ; 11).