A Callengeville, Seine-Maritime, la surface à diagnostiquer était de 107 550 m2.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

La commune de Callengeville, au nord du département de la Seine-Maritime, se trouve sur un plateau entre les vallées de l'Eaulne et de l'Yères. Le diagnostic archéologique a permis de mettre en évidence un établissement rural gaulois et gallo-romain sous la forme d'un enclos délimité par un système de clôture fossoyée qui semble associé à un réseau parcellaire.

L'enclos, qui circonscrit généralement l'espace dévolu à l'habitation ou à des activités spécifiques, apparaît en diagnostic sous la forme d'un fossé simple dessinant un quadrilatère d'environ 175 x 77 m, cloisonné par une séparation interne. La superficie enclose s'élèverait à un peu plus de 13 000 m2. L'accès n'a pas été mis en évidence. Les structures en creux (trous de poteau, fosses), situées à l'intérieur de l'enclos, pourraient appartenir à des bâtiments édifiés en bois et torchis et élevés sur des poteaux plantés et non sur des solins de silex. Le mobilier découvert dans les structures fossoyées indique que l'occupation perdure, de façon continue ou non, de la période laténienne au IIIe s. ap. J.-C. On constate un stade d'érosion assez avancée qui induit une certaine fragmentation des données. Certains sites à enclos fossoyés n'entrent pas dans la catégorie des fermes (lieux de pacage, d'agriculture, de jachère...) mais les caractéristiques du gisement incitent à le placer dans la catégorie des habitats fermés.

Sommes-nous en présence d'un établissement laténien de dimensions assez importantes, dont la régularité et la bipartition évoquent les villae romaines avec pars urbana et pars rustica, ou s'agit-il d'un établissement de petite taille qui se transforme progressivement, de la Conquête jusqu'au IIIe s. ap. J.-C. ?
À plus ou moins 1 km du site, deux occupations à vocation agricole, également attribuables à la phase de La Tène III-Haut-Empire, ont été explorées par E. Mantel en 1992 lors de la construction de l'autoroute A28. Le site de la ZAC des Essarts peut ainsi s'intégrer dans une étude plus générale de l'occupation d'un microterritoire, des environs de la Conquête au iiie s. ap. J.-C. Son association aux établissements ruraux de Callengeville, Le Mont Cauvet et Les Trois Fétus, mais aussi à ceux de Fesques, L'Épine de la Neuville, Foucarmont, Le Fond de la Broche, Blangy-sur-Bresle, Le Haut de Fontaine et Le Fond de Blanquenneval, donne l'image d'une forte densité d'habitats ruraux, mise en évidence plus largement dans le nord de la Seine-Maritime et en Picardie.