A Fouquerolles, Oise, ce diagnostic concerne une surface de 1,2 ha.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Toutefois, plus des deux tiers de l'emprise, recouverts par les boues d'une ancienne sucrerie (épaisse de 2 à 6 m), n'ont pas été testés. Outre un sondage profond, les trois tranchées ouvertes couvrent une surface de 624 m2.

La parcelle se situe sur le plateau picard, constitué de craie à silex à cet endroit (atteint à 0,80 m de profondeur), et sur une légère pente de terrain (52 m NGF). Deux tranchées larges ont permis d'observer un tronçon de voirie antique et quelques fosses. La chaussée, située à 0,50 m du sommet de la terre végétale, apparaît comme une masse homogène et compacte de 15 cm d'épaisseur, constituée de rognons de silex, dont les plus gros ne dépassent pas 20 cm de côté, mélangés à un sédiment sableux verdâtre. Large d'environ 8 m, elle est flanquée de deux dépressions ou fossés (F. 2 et F. 3) de près de 5 m de large très peu profonds (35 cm et 10 cm respectivement). Ils sont bien parallèles à la voie, mais leur faible profondeur empêche de les considérer comme des fossés bordiers. S'agit-il alors de carrières destinées à recharger la route ? Ils ont servi de réceptacle aux rejets détritiques qui abondent dans leur comblement. Les trois composants (chaussée et fossés) donnent une largeur d'aménagement de près de 19 m. Il est probable que les deux fossés bordiers correspondent aux fossés 1 et 4 (ce dernier est arasé dans la tranchée n° 2). Ils sont distants de 7 à 8 m du bord de l'empierrement. Un seul fossé ne s'inscrit pas dans l'orientation des précédents (F. 6). Trois fosses ont été observées.

La structure de combustion f. 8, de forme quadrangulaire, présente des parois et un fond brûlé ; elle était partiellement recoupée par l'aménagement F. 2. L'examen de la céramique distingue deux phases principales pour le colmatage des structures. La plus ancienne date de la fin du Ier s.-première moitié du IIe s. (St. 1, 3, 6 et 8), alors que la plus récente se place au milieu ou dans la seconde moitié du IIe s. (F. 2). La fosse 5 date du IIe s. sans plus de précision. La céramique domestique est commune avec celle des sites environnants et donc assez classique, excepté dans la diversité des productions issus des régions de Beauvais, Amiens et Noyon. Dans la vaisselle fine, on reconnaît des productions provenant peut-être de l'atelier de Beuvraignes. Parmi les importations plus lointaines, aux terra nigra et sigillées (Drag 18, 35/36 et 37) s'ajoutent quelques fragments d'amphores à vin originaires de la Gaule narbonnaise, notamment une amphore de type Gauloise 4. Enfin, dans le reste du matériel, il faut noter la présence de scories dans plusieurs structures (st. 4, 5 et 6) dont une loupe complète (F. 6). La mise au jour de cette portion de chaussée antique confirme les hypothèses avancées depuis le XIXe s. par les érudits régionaux. Distante de 200 m, l'actuelle route départementale D 938 s'aligne presque parfaitement sur ce tronçon. Il s'agirait de la voie reliant Beauvais à Saint-Just-en-Chaussée. L'importante quantité de mobilier détritique et la présence de plusieurs fosses indiquent probablement l'existence d'un habitat à proximité. Toutefois, à 50 m plus au sud-ouest, l'usine actuelle a détruit plus d'1 ha.

Soulignons, enfin, que le comblement des structures donne une fourchette chronologique restreinte couvrant de la fin du Ier s. jusqu'à la seconde moitié du IIe s.