A Marseille, Bouches-du-Rhône, les vestiges découverts sur le site (d'une superficie de 1700 m2) se trouvaient dans un état de conservation assez médiocre en raison de travaux dévastateurs au XIXe siècle, mais également à cause des récupérations de pierres sur les bâtiments anciens qui avaient sévi durant l'Antiquité tardive.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Malgré cela, la zone fouillée présentait une grande diversité de structures s'échelonnant de la période grecque à nos jours. Le site, localisé sur le flanc nord-ouest de la butte des Carmes, était bordé au nord et au sud-ouest par deux vallons qui se rejoignaient autrefois dans l'anse de l'Ourse.

Une mise en culture entre le milieu du Ve et la fin du IIIe siècle avant notre ère

Situé en périphérie de la ville grecque archaïque, le secteur de l'actuelle rue Trinquet fait alors l'objet de travaux d'assainissement visant à canaliser les écoulements de la nappe phréatique du versant de la butte vers un vallon proche. Jusqu'au début du IIe siècle avant notre ère, il est régulièrement mis en culture. Au moins deux périodes de vignobles ont été observées, témoignant de pratiques culturales différentes.

Un entrepôt au IIe siècle avant notre ère

La nouvelle enceinte hellénistique intégrant la butte des Carmes, le site accueille alors de vastes constructions monumentales dont les plans n'ont pu être intégralement dressés ni les fonctions déterminées avec certitude. L'un des bâtiments, qui couvrait une superficie minimum de 650 m2, pourrait avoir été un entrepôt (horrea), car il se composait de plusieurs salles étroites et longues ; mais seul l'emplacement de deux jarres en céramique (pithoï) avait subsisté.

Une vocation résidentielle sous Auguste (27 avant notre ère - 14 de notre ère)

À l'époque romaine, ce site est apparemment une zone de transition entre un quartier à vocation résidentielle (voir fouille de la rue de la République) et un quartier de potiers (fouille des Carmes).
Du début du Ier siècle de notre ère jusque vers 230, est implanté un espace thermal dont ne demeure aujourd'hui qu'un couloir de chauffe et une salle avec une mosaïque. L'ensemble appartenait vraisemblablement à un habitat résidentiel. Dans une deuxième phase, la configuration des lieux change de manière déterminante : les thermes font place à des constructions en palier. Au nord, un fond de cabane, associé à des résidus de bronze, témoigne d'une activité artisanale sans doute à usage domestique.

Un habitat rustique : les fonds de cabanes du VIIe siècle

Au cours du Ve siècle, la récupération des pierres des bâtiments antiques conduit à la disparition de ces édifices. Le terrain, à l'abandon, est réoccupé deux siècles plus tard par des fonds de cabanes, dont il est difficile de dire s'il s'agit d'espaces de travail ou de lieux d'habitat.

Une aire d'ensilage puis un couvent à l'époque médiévale

Au Moyen Âge, le quartier appartient à la ville épiscopale. Entre le Xe et le XIIe siècle, un ensemble de silos, dont certains renfermaient des résidus de blé, d'orge mais aussi de riz, se rattache peut-être à l'Annonerie Haute (marché aux blés), que les textes localisent dans ce quartier. Cette aire d'ensilage est recouverte à partir de 1363 par le monastère Sainte-Claire, dont seule une partie des jardins a été retrouvée.

La Révolution française met un terme à l'existence du couvent, qui, vendu en bien national, est transformé en magasins militaires. Sous le Second Empire, l'îlot, situé dans le périmètre des travaux de percement de la rue de la République, disparaît en grande partie.