A Saint-Laurent-du-Maroni, Guyane, 742 m² ont été sondé sur la surface totale du projet d'aménagement de 20 507 m².

Chronique de site
Dernière modification
07 avril 2016

Cette opération a révélé la présence de deux occupations amérindiennes et a attesté la présence du bagne de Saint-Louis. Le terrain est situé sur une ancienne terrasse du Maroni. Les occupations amérindiennes se représentent comme deux niveaux anthropisés et superposés dont l'occupation inférieure, et majeure (US 4), se développe sur toute l'étendue de la parcelle. L'occupation supérieure (US 2) est seulement présente dans le sud-est du terrain.

Le mobilier de cette occupation ne semble pas se différencier de la couche inférieure mais pourrait attester une occupation amérindienne plus tardive de l'époque coloniale. L'occupation inférieure est omniprésente et représente un village précolombien. La présence d'une couche archéologique intacte, de trous de poteau, de céramiques en place dans la couche archéologique et de dépôts de céramiques entières dans des fosses, confirme l'hypothèse d'un site d'habitat amérindien. Pour l'instant, le registre céramique ne se rattache pas clairement à un complexe céramique déjà connu dans cette région des Guyanes. Quelques éléments décoratifs mais uniques évoquent des liens avec les complexes céramiques du Barbakoeba et Hertenrits du Surinam.
 
Le site de Chemin Saint-Louis a livré des éléments prometteurs pour l'archéologie amérindienne occidentale de la Guyane. Sa position géographique et sa taille témoignent d'un site d'importance du Bas-Maroni. Le registre céramique et lithique pourraient livrer des données clés pour la compréhension de l'occupation amérindienne des deux rives du Maroni, et fournirait une forte contribution à l'archéologie des deux berges du Maroni. La présence du bagne de Saint-Louis est ici attestée par la présence de mobilier datant du XIXe siècle et par des fosses de fondation des maisons des concessionnaires de ce centre pénitencier.