L’aménagement d’une ZAC sur la commune de Cornebarrieu a été précédé, en 2005, par une opération de diagnostic archéologique ayant permis de repérer un site préhistorique au lieu-dit Bel Soleil.

Chronique de site
Dernière modification
25 août 2017

Localisé dans le versant protégé d’une petite vallée parallèle à la Garonne, le site est caractérisé par une concentration de pierres taillées rassemblées dans un niveau peu épais (moins d’une dizaine de centimètres). Il correspond aux vestiges d’une courte halte sans doute destinée à traiter des gibiers, datant d’environ 50 000 ans avant notre ère, à une époque où le territoire est occupé par l’homme de Neandertal.

Bonne conservation

La localisation du site dans un creux ayant fonctionné comme un piège a favorisé sa bonne conservation. Les préhistoriques s’étaient en effet installés dans une petite dépression créée par un glissement de terrain. Après leur départ, les vestiges qu’ils ont laissés ont été rapidement recouverts par les sédiments provenant du versant. Malgré leur faible nombre (652 pièces au total), les objets exhumés présentent, outre un aspect très frais, le grand intérêt de permettre de remonter les éclats les uns sur les autres et, ainsi, de reconstituer les gestes des tailleurs afin de cerner leurs intentions initiales.

Éclats sur galets

Les tailleurs préhistoriques se sont procurés des galets de rivière, abondants dans l’environnement du site, où le silex est en revanche presque absent. Ils ont percuté ces galets entre eux pour obtenir des éclats très efficaces pour couper peaux et chair. Certains objets étaient brûlés, ce qui prouve que les chasseurs avaient sans doute fait un feu dans les parages, mais aucun charbon n’a été conservé.

Culture moustérienne

Une datation de la couche archéologique a donné un résultat entre 60 et 50 000 ans avant le présent. Il s’agit donc d’une occupation par l’homme de Neandertal, porteur de la culture moustérienne (ce nom est tiré de l’abri du Moustier, en Dordogne, où cette culture a été identifiée pour la première fois). Les occupations de cette période sont assez rares dans les environs de Toulouse, ce qui fait du site de Bel Soleil, même s’il est très limité en surface et en nombre de vestiges, un nouveau repère important pour la connaissance des occupations préhistoriques de la vallées de la Garonne.