Entre art et archéologie, la fouille de l'œuvre de Daniel Spoerri.

Chronique de site
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03 octobre 2016

Le 23 avril 1983, l’artiste Daniel Spoerri, du mouvement des « Nouveaux Réalistes », convoque pour un banquet une centaine de convives des milieux « branchés » de l’art, dans le domaine du Montcel, à Jouy en Josas, alors propriété du mécène Jean Hamon. Sont présents par exemple Arman, Erro, Alain Robbe-Grillet, Catherine Millet, Jean-Pierre Raynaud ou Pierre Soulages. ​

1983

Au milieu du repas, il fait déposer les plateaux des tables et tout ce qui était posé dessus, plats, verres, couverts ou encore objets personnels abandonnés à dessein, dans une grande tranchée de 40 mètres de long, creusée à l’avance. Ce fut le « Déjeuner sous l’Herbe », en ironique référence à Manet.
Le domaine du Montcel était riche d’une longue histoire : propriété de Christophe-Philippe Oberkampf (le créateur de la toile de Jouy, qui s’y fit enterrer), siège de la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre, collège où souffrit ensuite Patrick Modiano, propriété enfin de Jean Hamon, qui finança le « Déjeuner sous l’Herbe » et les autres œuvres du parc.

2010

Le temps passe, le domaine accueille un moment la Fondation Cartier pour l’art contemporain, puis change de mains, et le projet originel d’une fouille archéologique se perd. Il est réactivé par l’anthropologue Bernard Müller : une fouille est organisée en juin 2010 par l’archéologue Jean-Paul Demoule et l’Inrap, en présence de l’artiste. Un film est tourné par le réalisateur Laurent Védrine, avec le soutien de l’Inrap, et des moulages d’une partie de la fouille sont coulés. Ils sont montrés, tout comme les objets, aussi bien dans le parc de sculptures de l’artiste en Toscane (le Giardino di Daniel Spoerri) que dans plusieurs expositions organisées depuis lors en France et à l’étranger autour de la rencontre, très actuelle, entre archéologie et art contemporain et lors de colloques sur ce thème.

2016

En juillet 2013, le domaine du Montcel a été acquis par le Groupe Acapace, en vue d’y réaliser un hôtel 4*- Centre de séminaires-restaurant-spa qui permettra de donner une nouvelle vie au site resté à l’abandon depuis quinze ans. Le projet, qui a reçu l’agrément de la Commission Départementale des Sites et des Paysages, prévoit la création d’un auditorium souterrain devant lequel sera réalisé un amphithéâtre de verdure dans l’emprise d’une grande partie de la tranchée. Le Groupe Acapace, souhaitant préserver l’esprit artistique du domaine, avec les impressionnantes sculptures de César et d’Arman, mais aussi la présence de Niki de Saint-Phalle, Raymond Hains ou Jean-Pierre Raynaud, est convenu avec l’Inrap d’une intervention sur un premier segment de la tranchée, du déplacement d’un autre à proximité, et enfin du maintien du dernier segment à son emplacement d’origine.
Cette intervention se déroule jusqu’au 30 septembre 2016, sous la responsabilité scientifique de Jean-Paul Demoule. Durant ce chantier, le 27 septembre, des participants de la performance initiale sont conviés. Un moulage, en résine et un tirage en bronze, de 8 mètres, de la fouille est prévu, tout comme un relevé photogrammétrique, ainsi qu’un certain nombre d’analyses physico-chimiques sur les vestiges du repas.

Aménagement Acapace
Recherche archéologique Inrap
Responsable scientifique Jean-Paul Demoule
Partenaire(s)
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