La religion gauloise est essentiellement naturaliste. Les lieux de cultes attestés par l’archéologie – des forêts, des sources ou des rochers – ont pu ensuite devenir des centres de peuplement. Ces dernières années, l’archéologie préventive a permis de mieux analyser les pratiques et les rituels cultuels : dépôts d’objets, libations, pratiques sacrificielles.

Mis à jour le
19 février 2016

Naturaliste, la religion gauloise se pratique dans des lieux de cultes : des forêts, comme celle du peuple des Carnutes ou celle située dans l’arrière-pays gaulois de Marseille ; des sources, comme la résurgence de la Douix à Châtillon-sur-Seine (région de Vix) ou celles de la Seine ; des fontaines, comme celles qui prennent naissance au pied du Mont Cavalier à Nîmes ou dans le défilé de Glanum à Saint-Rémy-de-Provence ; des rochers et des sommets, comme Le Mont-Beuvray.

Ces points remarquables du paysage sont de véritables géosymboles, qui, parfois, ont pu devenir des centres de peuplement : le sanctuaire accueille la ville et les hommes se mettent sous la protection des dieux. Parfois même, la ville va prendre le nom du dieu, comme Nîmes, qui vient de Nemausus, la ville du dieu Nem, ou Glanum, la ville du dieu Glan.

Ces lieux de culte font l’objet de dévotions mal connues. L’archéologie atteste le rejet d’objets divers (rouelles en métal, jetons, monnaies, céramiques miniatures, statuettes…) ou de nourriture (céréales, quartiers de viande), la pratique de libations (de vin, en particulier), le dépôt d’armes (épées rituelles pliées, par exemple), des sacrifices d’animaux (chevaux, bovins…) ou d’hommes (les corps des vaincus parfois ramenés vers le sanctuaire et exposés, comme à Gournay-sur-Aronde ou Ribemont-sur-Ancre).

Pour les Gaulois et d’autres peuples préromains dans le sud de la France tels les Ligures ou les Ibères, les dieux n’ont pas une apparence humaine ; ils ne sont pas figurés et leurs sanctuaires ne revêtent pas l’aspect d’une « maison », apte à protéger des icônes, comme les temples grec ou romain.

Les limites qui marquent ces espaces sacrés, lorsqu’elles sont connues, se présentent sous la forme de fossés, de talus, de palissades, voire d’un mur d’enclos. Dans la région toulousaine (Rodez, Albi, Toulouse) ce sont des puits qui témoignent de pratiques cultuelles : de nombreuses offrandes (amphores, meules, statues, monnaies, pièces de parure…) sont jetées dans l’eau et viennent sceller cet aménagement permettant de « communiquer » avec les forces telluriques. En Provence et en Languedoc (par exemple, à Roquepertuse, Entremont ou Nîmes), ce sont des statues de guerriers, d’hommes armées et souvent munis d’un torque, qui font l’objet d’un culte héroïque.

Les statues sont réunies sous un portique et présentent de façon ostentatoire la force des lignées aristocratiques locales. Dans le Centre de la France, par exemple à Corent, ce sont des banquets rituels qui paraissent réunir des aristocrates : amphores à vin, vases et restes de repas sont ensuite enfouis sur place.

À la fin de l’âge du Fer, principalement en milieu rural, on note la construction de petits édifices cultuels à plan centré : les fana. À la même époque, les textes de César en particulier, livrent les noms de certains dieux, et l’organisation, encore énigmatique, du clergé. Ils révèlent notamment la transmission orale, par les druides, des fondamentaux de la religion celtique.