Depuis le mois d'avril, une équipe d'archéologues de l'Inrap met au jour à Etricourt-Manancourt, sur prescription de l'État (Drac Picardie), plusieurs occupations paléolithiques dont la plus ancienne remonte à 300 000 ans.
 

Dernière modification
27 juin 2016

Ces recherches s'inscrivent dans le cadre des travaux préalables à la construction du canal à grand gabarit Seine-Nord Europe par Voies Navigables de France (VNF). À l'emplacement du futur bassin de rétention du canal, une opération de diagnostic, réalisée par l'Inrap en 2010 sur 17 hectares, avait mis en évidence un niveau paléolithique. En 2012, une fouille de 3 200 m² est conduite pendant 4 mois.

Un riche gisement préhistorique

Le gisement de plein air d'Etricourt-Manancourt révèle aujourd'hui au moins cinq niveaux préhistoriques, s'échelonnant entre 300 000 et 80 000 ans. L'occupation la plus récente, il y a 80 000 ans, appartient à l'homme de Néandertal, et correspond à la phase récente du Paléolithique moyen (entre 130 000 ans et 40 000 ans). Une vingtaine de sites de cette période sont déjà connus dans le nord de la France.
Les deux niveaux suivants sont aussi l'oeuvre des Néandertaliens et appartiennent à la phase ancienne du Paléolithique moyen pendant une période interglaciaire, le Saalien entre 190 000 et 240 000 ans. Les découvertes de sites de cette époque sont rares et, dans le nord de la France, seules les fouilles de Therdonne en 1999 (aux environs de Beauvais) et de Biache-Saint-Vaast en 1976 (Pas-de-Calais) ont livré des gisements contemporains aussi bien préservées.
Enfin, le niveau le plus ancien, actuellement fouillé, est exceptionnel. Daté d'au moins 300 000 ans, il appartient à la culture acheuléenne du Paléolithique inférieur. Les silex taillés retrouvés dans ce niveau ont été façonnés soit par les derniers Homo Heidelbergensis soit par les premiers Néandertaliens.
Le gisement d'Etricourt-Manancourt documente aujourd'hui l'histoire des premiers peuplements européens.

300 000 ans d'histoire, sept mètres de profondeur, des milliers de silex taillés

Profonde de sept mètres, la fouille révèle trois grands cycles climatiques où se succèdent périodes glaciaires et interglaciaires (l'Holsteinien le Saalien et le Weichs