A Neuvy-Deux-Clochers, Cher, l'édifice, qui mesure 21 m de long pour 15 m de côté et 17 m de haut, se présente sous des dehors relativement homogènes.

Chronique de site
Dernière modification
18 mai 2016
L'étude archéologie du bâti de ses parois extérieures a révélé cependant une grande complexité stratigraphique et a permis de franchir un grand pas dans la compréhension non seulement de l'édifice lui même mais aussi des relations qu'il entretient avec le reste du site. Les résultats de cette étude permettront également de définir les grandes lignes de la problématique qui pourra guider l'étude archéologique des intérieurs de la tour.
 
Pour ce qui est des principaux résultats, on ne pourra citer ici que les premiers constats réalisés sur le terrain.
Le volume actuel de la tour correspond peu ou prou à son volume initial. Même si les parements du dernier niveau relèvent d'une maçonnerie postérieure à la construction d'origine, l'ancienneté de ce niveau a pu être démontrée. On a notamment retrouvé les évacuations d'eau correspondant aux chéneaux d'un niveau de circulation périphérique aménagé au sommet de la tour dès l'origine. Les parements visibles aujourd'hui ne correspondraient ainsi qu'au rhabillage d'un aménagement initial.
 
Le programme architectural qui a présidé à l'édification de la tour a pu être mis en lumière grâce aux résultats acquis tant lors de la tranche d'étude des sous-sols que lors de l'étude de bâti. Le premier niveau correspond à une grande salle de réception, accessible de plain-pied depuis l'extérieur par deux accès, un accès principal implanté sur la façade ouest, un autre secondaire par la face nord. Le deuxième niveau devait sans doute être réservé aux fonctions privatives et résidentielles. La datation retenue pour l'édification de la tour reste celle du courant XIIe siècle. Cette datation est calée entre la présence de mobilier début XIIe siècle mis au jour dans les couches sous-jacentes de la tour et la présence d'enduits peints typiques de la fin XIIe-début XIIIe siècle à l'intérieur de la tour mais postérieurs à sa construction. Elle est, par ailleurs, cohérente avec le style des ouvertures contemporaines de la tour.
 
Outre des re-dimensionnements de ses ouvertures, les principaux réaménagements que va connaître la Tour de Vesvre concernent ses intérieurs. Ils correspondent à des modifications des niveaux de planchers, qui se matérialisent notamment par la construction de deux voûtes en berceau qui couvrent le premier niveau transformé en caves.
Sans doute au cours d'une dernière grande campagne de travaux, le sommet de la tour est re-parementé, en fossilisant peut-être l'ancien crénelage de la tour.
 
Il ne s'agit que d'un premier canevas qu'il faudra compléter au rythme d'avancement du rapport d'intervention. Une grande quantité d'autres phases de travaux a été observée qu'il faudra réinsérer dans l'histoire de l'édifice, quitte à en modifier encore une fois le cours. Ce n'est qu'à l'issue de cette mise en phase générale que l'on pourra mieux comprendre comment s'articulent ces aménagements successifs par rapport à l'évolution des besoins et des modes de vie de chacun de ses occupants.
 
Un dernier point important doit être évoqué, celui du manoir. Cette construction n'était pas intégrée à notre programme d'étude. Toutefois, les points de contact entre le manoir et la tour ont été étudiés. Cette première approche très partielle laisse entrevoir une réalité bien différente de ce que l'on pensait au sujet de cette partie du site. Le bâtiment appelé manoir est le résultat de plusieurs campagnes de constructions, de surélévations et d'extensions successives. Il semble que le premier bâtiment n'avait presque aucun contact physique avec la tour. La véritable jonction est postérieure à toutes les étapes de surélévations qu'il a connu.

La partie du bâtiment qui était accolée à la face nord de la tour correspond à une extension elle aussi postérieure. C'est cette zone capitale qui fait office d'articulation entre la tour et le manoir. À l'exception du premier niveau de la tour, qui reste accessible directement, tous les autres étages sont commandés par le manoir. Ces communications, qui ont été très souvent remaniées, ont connu des traitements architecturaux divers. Citons celle du premier étage dont les parois latérales ont été décorées de peintures murales. L'expertise réalisée par la restauratrice Véronique Legout, a révélé la présence d'au moins un personnage de grande échelle dans des habits d'apparats ; ces peintures pourraient dater du XVIe siècle.