Quatre fouilles ont été réalisées préalablement à la construction de la deuxième ligne de tramway de l'agglomération orléanaise. Alors qu'elles s'achèvent, quelques vestiges se distinguent par leur intérêt particulier. 

Dernière modification
19 février 2016

En limite des communes d'Orléans et de Saint-Jean-de-la-Ruelle, les archéologues ont mis en évidence l'ancienne voie Orléans-Blois et la frange nord du prieuré de la Madeleine qui existait au Moyen-Age. Ce prieuré prend son origine au IXe siècle dans l'installation d'une petite communauté religieuse à l'écart de la ville. Dès le siècle suivant, une église et d'autres constructions sont attestées sur le site, qui voit également se développer un vaste espace funéraire. En 1025, un premier texte nous apprend qu'il s'agit d'un établissement à vocation « hospitalière », c'est-à-dire à vocation d'accueil et d'hospitalité, probablement plus que de soin. 

L'ancienne voie Orléans-Blois et le prieuré de la Madeleine

L'ancienne voie Orléans-Blois et le prieuré de la Madeleine
En 1113, l'établissement est cédé à Robert d'Arbrissel, qui en fait le premier prieuré affilié à l'ordre Fontevraud. Cet ordre est le seul à permettre l'accueil, dans le même établissement, de religieux des deux sexes. De grands travaux vont en conséquence être menés sur le site pour créer deux espaces séparés, le nord étant dévolu aux hommes, le sud réservé aux femmes.
Au gré des transformations, le prieuré perdure jusqu'à l'expulsion de la communauté religieuse en 1792. Les bâtiments sont vendus et démantelés entre 1799 et 1805.

Une véritable coupe à travers la ville médiévale

Place de Gaulle, l'identification d'un îlot d'habitation encadré par trois rues permet de compléter les informations sur la ville antique. Mais c'est principalement la mise au jour d'une partie de l'enceinte des XIVe-XVe siècles qui est le fait marquant de cette fouille. Sont ainsi en cours d'étude une partie de la porte Renard et de la courtine, mais surtout les éléments de défense avancée de cette porte, et leur évolution durant ces deux siècles.

Rue Jeanne d'Arc, les études portent sur des vestiges très divers : l'enceinte du IVe siècle, une portion de l'église Saint-Sulpice du IXe siècle et de son cimetière aux XIe-XVe siècles, des habitations, et peut-être également des bâtiments à vocation artisanale ou commerciale, qui longeaient des rues entre les XIe et XIXe siècles. Place Sainte-Croix, une vaste construction du haut Moyen Âge fait face à la cathédrale. On en ignore la fonction. Des fragments d'une rue monumentale, franchissant la porte Parisie, ouverte dans l'enceinte romaine et médiévale, ont également été observés. Enfin, de rares vestiges appartiennent probablement à l'Hôtel-Dieu de la fin du Moyen Âge.

Place de l'Étape, enfin, a été fouillée une partie d'un cimetière médiéval extra-muros, peut-être celui de la paroisse Saint-Michel. En son sein, des bâtiments sont construits, probablement à vocation religieuse. Le long des murs d'un de ces édifices sont inhumés de nombreux enfants, majoritairement des nouveau-nés.
Tous ces éléments prennent place entre le XIe et le XIVe siècle.

Les interventions menées de la place de Gaulle à la place de l'Étape constituent une véritable coupe à travers la ville médiévale. Au-delà des découvertes déjà citées, elles permettront de s'interroger sur la constitution et l'évolution d'un vaste espace urbain, comprenant à la fois la ville elle-même, ses systèmes de défense et ses abords immédiats.
Aménagement : Communauté d'agglomération Orléans Val-de-Loire
Coordinateur scientifique : Pascal Joyeux, Inrap
Contrôle scientifique : Service régional de l'archéologie (Drac Centre)