Divers modes d’intervention sur le terrain permettent à l’Inrap de répondre à des objectifs scientifiques précis, tout en s’adaptant aux contraintes du projet et aux conditions naturelles du site observé.

Mis à jour le
02 décembre 2016

L’Inrap réalise des diagnostics et des fouilles, deux types d’opérations qui répondent à des objectifs distincts. Leur mise en œuvre – en particulier celle des diagnostics – offre aux archéologues de l’institut le choix entre plusieurs modes d’intervention. L’option retenue dépend de multiples facteurs : objectifs scientifiques, degré de connaissance de la zone étudiée, contexte naturel, conditions d’enfouissement, contraintes d’accessibilité, surface concernée, caractéristiques du projet d’aménagement.

L’objectif scientifique

Le mode d’intervention choisi doit permettre de répondre aux enjeux scientifiques posés par chaque opération. Dans le cas d’un diagnostic, il s’agit d’identifier les éléments du patrimoine archéologique éventuellement présents sur un site. Lorsque l’existence de vestiges est avérée, l’Inrap procède à une fouille, afin de recueillir les données archéologiques qui seront ensuite analysées, compilées et décrites, puis diffusées.
Les archéologues prennent naturellement en compte toute information relative au site qui aurait pu être recueillie en amont.

Les conditions d’observation

Le mode d’intervention doit être adapté aux conditions d’observation des vestiges : le travail des équipes de l’Inrap n’est pas le même lorsque ceux-ci sont enfouis – sous terre ou sous les eaux (épaves) – ou lorsqu’ils sont encore en élévation.
La solution choisie doit également s’intéresser au devenir des vestiges ou des bâtiments : l’opération sera plus ou moins destructive selon que le site a vocation à être démoli ou réhabilité.

Exemples de modes d’intervention sur du bâti :

Relevé de l'élévation de la grange seigneuriale du XIIIe s.

Relevé de l'élévation de la grange seigneuriale du XIIIe s.

© Loïc de Cargouët, Inrap

Les contraintes de l’intervention

Le mode d’intervention doit prendre en compte divers aspects pratiques, comme les contraintes d’accessibilité ou la surface à appréhender. La surface, conditionnée par le projet d’aménagement, est de taille très variable. Les grandes étendues, telles que tracés autoroutiers ou zones d’aménagement, exigent parfois une organisation et une stratégie spécifiques. En revanche, les opérations liées à la construction ou à l’extension de maisons particulières, par exemple, peuvent ne porter que sur quelques mètres carrés.
L’exiguïté d’une parcelle, la présence de réseaux urbains, le degré d’enfouissement des vestiges ou la profondeur de l’aménagement sont autant de contraintes qui jouent sur le mode d’intervention de l’Inrap. Enfin, le respect des normes de sécurité exige parfois la mise en place d’installations dédiées.

Typologie des modes d’intervention

Selon les paramètres précédemment décrits, les opérations archéologiques peuvent revêtir plusieurs formes, combinables entre elles :

  • Étude documentaire visant à compiler l’ensemble des informations déjà recueillies sur la parcelle
  • Prospections pédestres ou aériennes
  • Sondages par carottage
  • Sondages en tranchées, continues ou en quinconce, sur des emprises linéaires ou des grandes surfaces
  • Sondages ponctuels en puits, éventuellement blindés, pour apprécier les sites stratigraphiés
  • Sondages profonds avec observation réalisée à partir de passerelles conçues à cet effet (détection des sites profondément enfouis)
  • Prospections géophysiques en contexte subaquatique, où les surfaces à diagnostiquer sont souvent très importantes (Pelgas et al., Archéopages 41)
  • Sondages ou décroutage d’enduits muraux pour les études de bâti (Mataouchek et al., Archéopages 24)
  • Fouilles en aires ouvertes, de taille et de profondeur variées, nécessitant un décapage mécanique adapté au contexte de l’intervention (pelle mécanique, suceuse ou marteau-piqueur).

Références bibliographiques

PELGAS (Philippe), ICHSTCHENKO (Simon), LE FAOU (Yann), MOYSAN (Yann), WIRTZ (Bruno). — L’application de la géophysique marine au diagnostic subaquatique. Techniques d’observation des fonds, de pénétration des sédiments et de mesure des anomalies magnétiques. Archéopages, n° 41, 2015, p. 82-91.

Mataouchek (Victorine), Mignot (Philippe), Delomier (Chantal), Le Barrier (Christian). — Archéologie du bâti. Une démarche scientifique à part entière en butte à des enjeux antagonistes. Archéopages, n° 24, 2009, p. 66-77.