A Nîmes, Gard, diagnostic en tranchées sur une superficie accessible d’environ 4 ha. 7 % de l’emprise a été sondée.

Chronique de site
Dernière modification
28 juillet 2016

Cette nouvelle intervention à la ZAC du Mas des Abeilles, dans un secteur au potentiel important, s’est révélée positive à plus d’un titre. Toutes les tranchées ont montré des vestiges.

Le cours d’un paléochenal qui avait déjà été identifié plus au nord a pu être restitué sous l’emprise du fossé qui limite la parcelle à l’est. Son comblement définitif intervient pendant l’Antiquité, mais sa mise en place n’a pas pu être datée. Les plus anciens vestiges sont attribués aux premières phases du Néolithique. Une fosse isolée, située sur une petite éminence aujourd’hui gommée du paysage, se rapporte au Néolithique ancien. Une occupation plus conséquente est attribuée à une phase ancienne du Chasséen. Elle est matérialisée par un niveau de mobilier céramique et lithique fossilisé sous un recouvrement moyen de 0,80 m de limons coquilliers. Ce niveau est présent dans la majeure partie des tranchées, avec des densités de mobilier au mètre carré très variables, culminant à plus de soixante pièces dans la partie sud de l’emprise. La vision limitée qu’offre l’évaluation en tranchées ne permet pas de juger de l’organisation spatiale des vestiges. Dans ce dessein, il faudrait avoir recours à un décapage extensif assorti d’une fouille manuelle. Ce n’est que cette approche qui permet de cerner l’étendue des nappes de vestiges, d’étudier leur répartition spatiale et de s’assurer de l’existence de structures d’habitat, à plat ou en creux, associées à ces niveaux. Une quarantaine de structures en creux, de fosses et de fossés peuvent être attribuées à l’âge du Fer. Elles se signalent par un comblement très chargé en carbonates qui leur confère une teinte grise mouchetée de blanc bien caractéristique. Certains creusements circulaires ou oblongs doivent correspondre à des fosses de plantation. Un autre, situé dans la partie occidentale de l’emprise, doit pouvoir être assimilé à un puits. Enfin, deux séries de fossés semblent dessiner des plans orthonormés cohérents. Ils pourraient marquer les contours de parcelles, voire ceinturer une zone d’habitat. L’existence d’un habitat à proximité est en effet pressentie en raison de la présence de mobilier relativement abondant dans certains fossés. Un petit enclos circulaire, aménagé en bordure du chenal, est également attribué à l’âge du Fer. Il a fait l’objet de sondages qui n’ont pas permis de statuer sur une éventuelle fonction funéraire. La fosse centrale ne paraît pas avoir cette vocation, mais il est possible que des sépultures aient été aménagées dans le fossé lui-même. Plusieurs fossés sont d’époque antique. Leur tracé a pu parfois être restitué sur plusieurs dizaines de mètres et la restitution d’une parcelle de deux actus de côté semble envisageable.