Le secteur d’En Jacca est un ensemble d’occupations paléolithiques identifiées au cours d’opérations de diagnostics archéologiques liées à divers aménagements, notamment des extensions de carrières d’exploitation d’argile pour des briqueteries. 

Chronique de site
Dernière modification
09 août 2017

Ces occupations, le long de la rivière Aussonnelle, sont attribuées à l’Acheuléen moyen classique, il y a plus de 200 000 ans environ.

Découvertes anciennes

Tout au long du XXe siècle, les terrains du Toulousain ont livré d’énormes quantités de vestiges lithiques préhistoriques, surtout au niveau de la moyenne terrasse de la Garonne, datant de l’Acheuléen moyen. Cette abondante documentation était malheureusement sans véritable liaison contextuelle. Dans les années 1950, les gisements d'En Jacca, à l’ouest de Toulouse, ont fait l'objet de nombreux échantillonnages, notamment à En Jacca La Sauvegarde au profit du front de taille d’une carrière d’exploitation du substratum molassique.

En effet, il a pu y être récolté dans les coupes, donc en place, une série de galets de quartzite taillés permettant de se faire une idée précise de cet Acheuléen moyen classique reposant sur la moyenne terrasse. D’autres prospections plus récentes témoignaient de l'importance du potentiel archéologique de ce secteur. Le risque de destruction des sites par les nombreux aménagements de cette zone très industrialisée de la banlieue de Toulouse a incité, dès 1996, la mise en place d’un suivi archéologique.
 

Un ensemble d’occupations acheuléennes

De nombreuses concentrations de matériel (notamment à En Jacca la Sauvegarde ou à En Jacca Sourdet) ont alors pu être repérées, comme autant de campements acheuléens. Cette série de découvertes ponctuelles a montré la fréquentation assidue des abords de l’Aussonnelle à cette période de la Préhistoire ancienne. D’ailleurs, dans l’ensemble de la vallée de la Garonne, les occupations et indices disparaissent au-delà des rebords de terrasses.
 
Proximité de la rivière, point de vue, accès aux sources, accès aux galets sont autant d’atouts ayant sans doute incité les préhistoriques à privilégier l’occupation des rebords de terrasses. L’autre constante de ces sites est la position stratigraphique des objets, dans un niveau d’altération des galets du corps alluvial, ce qui n’apporte cependant guère d’indices à la compréhension de la chronologie de ces occupations.
 

Matériel lithique homogène

Le matériel récolté, aussi bien dans les concentrations que les pièces isolées, offre cependant une image assez homogène des outils de pierre utilisés dans les campements de l’Acheuléen moyen classique.
 
Nous y trouvons l’ensemble des éléments représentatifs de l’exploitation presque exclusive de galets de quartzite : galets à enlèvements, éclats bruts ou repris en outils, choppers, chopping-tools, ainsi que des bifaces et des hachereaux. Ces vestiges sont caractéristiques de l’Acheuléen moyen classique, dont les porteurs ont occupé ce secteur de manière récurrente aux environs de 300 000-200 000 ans avant notre ère.