Dans le cadre de l'extension de la ZAC du Bas-Lauvert à Antibes-Juan-les-Pins, une équipe de l'Inrap fouille actuellement le littoral, non loin du coeur de l'antique agglomération d'Antipolis. La localisation et l'étendue du projet d'aménagement ? plus de 100 000 m2 ? rendaient ce secteur propice à des découvertes archéologiques. La fouille met actuellement au jour d'importants vestiges antiques (Ier siècle av. notre ère - IIe siècle après).

Chronique de site
Dernière modification
09 juin 2016
On sait que la prospérité d'Antipolis était due à l'exploitation des ressources de la mer et à sa position sur les routes commerciales maritimes. Aujourd'hui, les archéologues apportent d'importantes informations sur l'exploitation de la lagune et la production agricole le long du rivage.

Une exploitation agricole littorale

Au début du Ier siècle avant notre ère, un vaste enclos est édifié. Ceinte de fossés, cette structure est d'un type encore inédit dans les Alpes maritimes. Des objets en quantité ont été rejetée dans ses fossés : amphores italiques et puniques, céramique campanienne, coupes, cruches, marmites aux origines variées. La structure la plus importante au sein de cet ensemble est un bassin maçonné composé de deux cuves. Ce type d'aménagement, fréquent dans les exploitations agricoles en Gaule Narbonnaise, est généralement voué à l'oléiculture ou la viticulture. A la périphérie de l'établissement, des tranchées de plantation, des traces agraires et des fossés délimitant les parcelles agricoles témoignent de la mise en culture du domaine durant le Ier siècle avant notre ère et le IIe siècle après.

L'aménagement de la lagune

Au cours des deux premiers siècles de notre ère, un puissant aménagement romain est édifié dans la lagune : il s'agit d'une digue composée d'un robuste mur maçonnée, d'une levée de terre de 2,50 m de large, associés à une ligne de pieux qui maintenait ses berges. Sur le fond de la lagune, les archéologues viennent de dégager un sol antique dallé de galets, de 40 m de large et reconnu sur plus de 200 m de long. La fonction exacte de cette sorte de « calade » immergée durant la période antique, reste à découvrir. Un programme d'analyses paléo-environnementales (études des pollens, des charbons, etc.) permettra de mieux restituer le cadre paysager de la lagune et de ses abords.
Archéologue responsable d'opération : Isabelle Daveau, Inrap
Contrôle scientifique : Service régional de l'Archéologie (Drac Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Aménageur : Société Juan Flore-George V Côte d'Azur
Contact(s) :

Mahaut Tyrrell
chargée de communication
médias, Inrap
tél. 01 40 08 80 24
mahaut.tyrrell [at] inrap.fr