A Bais, Ille-et-Vilaine, en 2005, le projet de construction d'un lotissement dans un secteur archéologiquement sensible de la commune de Biais a conduit à la réalisation d'un diagnostic archéologique mené par l'Inrap en 2006.

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016

Devant l'importance des vestiges découverts, le service régional de l'Archéologie a prescrit une fouille préventive confiée à l'Inrap en juin 2009. Bais recèle un important patrimoine archéologique que cette fouille enrichit. Les archéologues de l'Inrap y étudient, jusqu'en décembre 2009, les vestiges d'un domaine rural antique composé de plusieurs bâtiments répartis sur une surface d'environ 2 hectares et daté du Ier au IVe siècle de notre ère.

L'habitation principale

L'habitation principale, celle du maître des lieux, est un bâtiment aux fondations puissantes, mesurant 26 m de long pour 13 m de large. Elle est constituée de deux grosses tours reliées par une importante galerie et domine le reste du domaine qui se développe au sud. À l'ouest, se situe une petite salle de réception, probable bureau où le maître règle ses affaires. D'abord isolée, cette salle est reliée au bâtiment principal par une pièce construite dans un second temps. À côté de l'entrée, s'élève un laraire circulaire. Il s'agit d'un petit édicule abritant probablement une divinité veillant sur les affaires conclues dans la salle voisine. Le gestionnaire du domaine réside dans une petite maison située plus à l'ouest. Cet ensemble résidentiel est délimité par un mur de clôture.

Une fonction agricole bien marquée

À l'est, et sans doute au sud de l'espace réservé aux habitations, se développe l'exploitation agricole proprement dite. En dehors de nombreuses constructions de terre et de bois, qui ont dû héberger le personnel de la ferme, celle-ci est caractérisée par la présence de deux granges monumentales au plan typique. Leurs robustes fondations empierrées sont les seuls vestiges encore visibles. Elles indiquent la présence de parois maçonnées imposantes, habituelles sur ce genre d'édifices. Ces granges, généralement destinées au stockage des récoltes, peuvent avoir également une fonction plus technique et abriter une forge. Ici, la grange occidentale semble être isolée. En revanche, à coté de la grange orientale, se développe un vaste espace empierré, sans doute occupé par une série d'appentis abritant des activités liées au fonctionnement de l'exploitation.

Des temples gallo-romains

L'une des caractéristiques du site est le nombre inhabituel d'édifices à vocation religieuse qu'il recèle. En effet, deux fana ou temples romano-celtiques, de plan typique, y ont été observés. Il s'agit de monuments quadrangulaires composés d'une cella centrale (sorte de chapelle abritant la statue de la divinité) entourée d'une galerie couverte à colonnade servant aux cérémonies religieuses. Le premier se situe face à l'habitat du maître. Le second, un peu plus vaste, est à l'est du domaine dans la partie agricole, à quelques mètres au nord de la grange. Il est pour l'instant impossible de savoir si ces deux monuments sont contemporains. La présence d'un troisième édifice religieux, de taille nettement inférieure (le laraire), est également remarquable et inhabituelle. Il s'agit en effet d'un petit édifice cultuel domestique très répandu dans le monde romain mais dont les traces sont rarement retrouvées en fouille.