Le site de Jockelsberg, à Sarraltroff, se trouve au nord-ouest de Sarrebourg, à proximité de deux autres sites ayant fait l'objet d'une fouille.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Le but de ces recherches a été de mettre en évidence, sur un tronçon de 3 km, les dynamiques d'occupation entre la Protohistoire et l'époque médiévale. Le site de Jockelsberg a livré deux occupations, datées respectivement du début de l'âge du Fer (800-620 avant notre ère) et de l'époque mérovingienne. Elles se caractérisent toutes deux par des habitats ruraux dont l'empreinte est marquée essentiellement par des structures en creux (trous de poteaux, fosses).

L'occupation hallstattienne

La première phase d'occupation du site correspond aux débuts du premier âge du Fer. Des fosses, dont une a servi à extraire des limons, et le plan d'un grenier à quatre poteaux composent l'essentiel des découvertes. Aucun vestige pouvant identifier une habitation n'a été mis au jour.

En revanche, dans le comblement de deux fosses, du mobilier a été découvert qui atteste du démantèlement de l'occupation domestique : tessons de céramique, objets de la vie quotidienne, charbons de bois et même un pan de torchis de près de 1 m de côté. Les objets de la vie quotidienne concernent essentiellement le travail du textile. Une fusaïole est à mettre en lien avec le filage tandis qu'un « dévidoir » appartenait à un métier à tisser. Deux fragments de bracelet en terre cuite, imitant des exemplaires en « lignite » plus prestigieux, ont également été trouvés. 

L'artisanat du métal

Datant également du Hallstatt ancien, une fosse en bordure d'emprise a livré des restes d'activité métallurgique (creusets et scories de fer). L'atelier auquel cette fosse se rattachait se développe probablement hors du site. La présence de travail du fer dans un contexte rural à une période où se métal se développe à peine est étonnante. Habituellement, les objets conçus en fer proviennent en effet, pour le Hallstatt ancien, d'occupations fortifiées. 

L'habitat mérovingien

Trois noyaux de structures, distants les uns des autres d'une cinquantaine de mètres, appartiennent à la période entre la fin du VIe siècle et le milieu du VIIe siècle. Il s'agit de trois habitats organisés, pour deux d'entre eux, autour d'un foyer, mais les maisons n'ont pas été reconnues. Un abondant mobilier a été mis au jour dans des dépotoirs. Il regroupe essentiellement des restes de vaisselle de table et de récipients de préparation culinaire, cassés et jetés. Les nombreux restes osseux témoignent d'une consommation de viande.

Sophie Casadebeig