L'Inrap mène actuellement une fouille sur le site du Bois à Pléchâtel (35) dans le cadre d'un projet d'aménagement important (ZAC de 40 hectares) de la Communauté de communes de Moyenne Vilaine et Semnon. Un diagnostic (ou prospections) avait été préalablement mené en octobre 2010 afin de détecter la présence de vestiges et d'en déterminer la nature.

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016

Les sondages ayant révélé une occupation importante du lieu dès la période néolithique (qui s'étend en Europe de 6000 à 2000 environ avant notre ère), l'Etat (Drac Bretagne - service régional de l'Archéologie) a prescrit une fouille préventive permettant la sauvegarde des vestiges par l'étude, avant que le terrain ne soit rendu à l'aménageur et que les travaux se poursuivent.

Des bâtiments du Néolithique moyen

L'essentiel des vestiges se rapporte à la période Néolithique (fin de la Préhistoire) caractérisée par la sédentarisation des populations pratiquant désormais l'agriculture et l'élevage.
Trois principaux bâtiments ont été identifiés. Deux constructions ont été datées par carbone 14 entre 3800 et 3700 avant notre ère, c'est-à-dire durant la deuxième moitié du Néolithique moyen. Cette découverte est importante pour les connaissances sur l'architecture de cette phase du Néolithique : peu de bâtiments de cette période sont connus dans le nord de la France. Ces deux constructions de plan rectangulaire sont matérialisées au sol par des fosses circulaires creusées dans le schiste et comblées par des pierres de calage, au centre desquelles se trouvait un poteau en bois, aujourd'hui disparu. Cette ossature sur poteaux de bois soutenait la charpente de l'édifice, tandis que les murs pouvaient être en torchis et les toitures en chaume.

Des vestiges qui renseignent sur les activités de ces premiers agriculteurs

Les archéologues ont recueilli du mobilier abandonné par les occupants de ces maisons : il s'agit notamment d'outils en silex, de fragments de céramique, ainsi que des pics en grès utilisés pour creuser les trous de poteau. Des graines carbonisées (céréales, glands, noisettes...) ont aussi été découvertes, témoignant des cultures et de l'alimentation de ces premiers agriculteurs.
Le décapage extensif mené autour des habitations néolithiques a permis la mise au jour d'une cinquantaine de structures de combustion de différents types : petits et grands foyers en cuvette, fours à pierres chauffées, etc. Leur usage était sans doute lié aux activités domestiques (cuisson des aliments) et artisanales (cuisson des céramiques, par exemple).
Une remarquable concentration d'une vingtaine de structures de combustion a été mise au jour et datée de 4400 à 4300 avant notre ère illustrant une première occupation du site au Néolithique moyen (près de 600 ans avant les bâtiments précédemment évoqués). Ce grand nombre de fours ou foyers, réalisés sans doute simultanément, pourrait être le témoignage un repas collectif, peut être à l'occasion d'un évènement dans une communauté.

L'opportunité de cette opération

Cette fouille offre l'occasion d'étudier sur une grande surface (près de 3 hectares) l'organisation spatiale d'un habitat du Néolithique moyen et son environnement proche. Une fois la fouille sur le terrain achevée, les archéologues poursuivront leurs études au laboratoire de Cesson-Sévigné où interviendront d'autres spécialistes : céramologue (étude des céramiques), lithicien (étude des outils en pierre) anthracologue (étude des charbons de bois), carpologue (étude des graines)... Ainsi, ils pourront mieux connaitre la culture matérielle et le mode de vie de ces populations anciennes. La découverte de cet habitat contribue de manière importante à l'analyse du peuplement de la Bretagne et de l'implantation des premières populations d'agriculteurs dans le nord de la France.
Aménageur : Communauté de communes de Moyenne Vilaine et Semnon
Contrôle scientifique : Service régional de l'Archéologie (Drac Bretagne)
Recherche archéologique : Inrap
Adjoint scientifique et technique : Michel-Alain Baillieu,  Inrap
Responsable scientifique : Laurent Juhel, Inrap
Contact(s) :

Mélanie Scellier
Chargée du développement culturel et de la communication
Inrap, direction interrégionale Grand Ouest
02 23 36 00 64
melanie.scellier [at] inrap.fr