Dans la périphérie immédiate de la Toulouse médiévale, le Bourg Saint-Sernin bénéficie dès 1100 d’une première enceinte, à partir de laquelle rayonnent des rues qui s’urbanisent rapidement.

Chronique de site
Dernière modification
25 août 2017

Elles sont bordées par un parcellaire en lanières qui évolue peu jusqu’au XVIIIe siècle. L’opération archéologique qui s’est déroulée en 2013 dans la cour du Lycée Saint-Sernin à l’occasion de travaux de restructuration (création d’une salle de musique sous forme d’un amphithéâtre enterré) a permis de fouiller des espaces appartenant aux maisons donnant sur la rue Gatien-Arnoult, qui relie la basilique à la place Arnaud Bernard

Un fossé augustéen

La structure archéologique la plus ancienne consiste en un fossé parcellaire dont le comblement révèle quelques tessons d’amphore augustéens (27 avant notre ère – 14 de notre ère). Il traverse l’emprise de la fouille selon un axe nord-ouest/sud-est.

Des sols d’habitations médiévales

L’urbanisation de l’îlot à l’époque médiévale est illustrée par la découverte de sols témoignant de la présence de bâtiments. L’intrication des structures et la forte permanence cadastrale n’ont pas permis la conservation des murs limitant ces espaces, détruits par les reconstructions successives. Les quelques indices à notre disposition permettent de penser qu’ils étaient en matériaux périssables (bois et terre crue).

Trois sols d’habitations ont été identifiés, marqueurs d’une forte croissance urbaine aux XIIIe-XIVe siècles dans la ville, matérialisée ici par une densification du bâti qui en fond de parcelle. L’un de ces sols est en terre damée, sur laquelle un négatif au pourtour carbonisé indique peut-être la présence d'une activité artisanale ou d’un braséro. Dans un premier temps, un foyer sommaire est mis en œuvre à même le sol. Un autre ensemble, contigu au premier (mais postérieur), est utilisé comme lieu de stockage : le sol constitué d’un cailloutis a été creusé de cupules destinées à recevoir des rangées de vases au fond bombé.
 

Les fosses dépotoirs

Le bas Moyen Âge est caractérisé par la présence de nombreuses fosses-dépotoirs. En effet, la pression démographique conduit à interdire le rejet des déchets sur la voie publique. La gestion des ordures consiste donc à creuser chez soi des fosses –simples trous sans aménagement – dans lesquelles sont évacués les déchets domestiques : restes de repas, vaisselle cassée, excréments. Comme les fosses ne sont jamais vidangées, une nouvelle est ouverte lorsque la précédente est pleine. Les fosses se multiplient donc et leurs creusements se recoupent au fil du temps.
 

Les fosses d’aisance

Les fosses-dépotoirs sont relayées à partir du XVIe siècle par des cuves maçonnées en briques, parfois circulaires, mais le plus généralement carrées ou rectangulaires. Lorsqu’elles sont extérieures aux habitations, on retrouve les canalisations maçonnées qui pouvaient les alimenter. On jette dans ces cuves les objets mis au rebut, témoignages de la vie courante : vaisselle, verre, objets métalliques, ossements d’animaux consommés… Contrairement aux fosses-dépotoirs de la période précédente, les cuves sont régulièrement vidangées. Leur comblement illustre donc leur dernière phase d’utilisation.
 

La fin de la période moderne

Cette époque voit une nouvelle densification en cœur d’îlot. Les bâtiments sont maintenant tous en briques, certains dotés de caves. Au XIXe siècle, un dispositif de récupération et de distribution de l’eau permet d’alimenter un vaste jardin.