Le projet de l’école d’économie de l’Université Toulouse I Capitole a été implanté sur le site de l’ancien parking de la cité universitaire de l’Arsenal sur une emprise de 2900 m2.

Chronique de site
Dernière modification
22 novembre 2016

Situé à la jonction de la cité gallo-romaine, du bourg médiéval et de la Garonne, l’occupation du site s’est présentée particulièrement dense, et riche de vestiges variés.

La nécropole gallo-romaine 

Les traces les plus anciennes reconnues appartenaient à des tombes à incinérations romaines auxquelles succède une nécropole des IIIe-IVe siècles. Logiquement la zone funéraire est située près d’une sortie de la ville antique à environ 400 m du site. Plus de 200 tombes ont été étudiées, ce qui en fait un des plus importants ensemble funéraire de cette époque fouillé à ce jour en Midi-Pyrénées. Les dépôts funéraires, vases, lampes, balsamaires, monnaies ou pièces d’habillement, sont présents dans environ un quart des cas. On note la présence de sépultures d’enfants en amphore. 

Un mausolée wisigothique 

Cette fonction funéraire semble s’être arrêtée à la construction d’un monument du Ve siècle, en mauvais état de conservation, dont seul l’angle d’une galerie de 4 m de large est connu. La construction par alternance de lits de briques et de galets rappelle celle du palais attribué aux rois wisigoths et fouillé en 1988 à l’intérieur de la ville romaine. D'autres éléments du même bâti découverts en 1992 à proximité laissent entrevoir un seul et même monument de 50 m sur 40. Installé à l’extérieur de la cité, il apparaît comme un ensemble architectural majeur, du type mausolée, en rapport avec le pouvoir wisigothique, le seul en mesure d’une telle mise en œuvre au Ve siècle.

Habitat et artisanat médiévaux 

Le plus surprenant sans doute est que ce monument, pourtant méconnu des sources écrites, soit resté un repère dans l’urbanisation médiévale. Peut-être démonté dans ces parties hautes, ses bases sont renforcées pour servir de ligne de défense le long d’un ancien chenal transformé en fossé de ville. Ainsi, il paraît participer à la définition de l’extension médiévale de la cité toulousaine appelé le bourg Saint-Sernin. 

À partir de la fin du XIIe siècle et jusqu’au XVe siècle, la zone comprise entre le monument et le fossé de ville est occupée par un lotissement. Sa vocation artisanale est attestée par des bassins de traitement de la laine au début du XIVe siècle. 150 silos et fosses-dépotoirs ont livré une grande quantité d’objets témoignant de la vie quotidienne médiévale. 

À cette époque, le monument est divisé par le passage d’une rue, la construction partiellement réutilisée de part et d’autre. La création, à la fin du XVe siècle, d’une nouvelle ligne de fortifications, rempart et fossé, située plus à l’ouest, a ensuite causé la disparition complète des traces du monument sous un nivellement général du site.
 
Le quartier d’habitation se maintient pourtant jusqu’au début du XVIIe siècle. L’installation du couvent des Chartreux le transforme en jardins. Le couvent devient un arsenal à la Révolution avant de devenir le campus universitaire en 1970.