Le projet d’aménagement d’une station d’épuration au lieu-dit Château Percin, à Seilh, a permis la fouille d’un site du Néolithique moyen découvert dans les années 1940 par Louis Méroc. 

Chronique de site
Dernière modification
22 novembre 2016

Cette opération, conduite en 2007 et en 2008 sur une surface de 8 000 m², confirma au-delà de toute attente le pressentiment des chercheurs qui avaient établi, à juste titre, un parallèle entre le site de Château Percin et les deux vastes occupations néolithiques de Villeneuve-Tolosane et de Saint-Michel-du-Touch.

Un vaste habitat néolithique fortifié 

Le site est installé à la confluence d’un ruisseau, le Garossos, et de la Garonne. Il est délimité, à l’est, par les escarpements naturels surplombant les cours d’eau et ceinturé, à l’ouest, par un système défensif complexe composé de deux puissants fossés parallèles et continus et d’une palissade interne constituant vraisemblablement un véritable rempart. Ces aménagements s’étendent sur environ 80 m dans la zone concernée par les travaux.

 Le fossé externe est conservé sur une profondeur moyenne de l’ordre de 2,50 m pour une largeur d’environ 5 m à l’ouverture. Côté interne, l’emplacement du système de fortification est signalé par la présence d’une succession de solides poteaux espacés. Le fossé interne, plus étroit avec une ouverture ne dépassant pas 4 m, est également moins profond, 2 m en moyenne. 
 
Ce dernier présente un comblement très particulier sur une quarantaine de mètres de long, constitué d’un amoncellement de blocs de terre crue et de bois intensément brûlés qui colmatent par endroit la totalité du creusement. Certains blocs ont ainsi fossilisé des empreintes de la superstructure en bois. D’autres portent des traces d’extraction ou de préparation et, fait exceptionnel, certains ont conservé les empreintes digitales des bâtisseurs.
 
Ces vestiges architecturaux, uniques dans leur genre, sont les témoins d’une construction monumentale de terre et de bois détruite par un violent incendie que l’on peut situer vers le début du IVe millénaire avant notre ère. Cet événement a vraisemblablement provoqué l’abandon du site. Ces découvertes permettent d’appréhender la forme architecturale et la technique de mise en œuvre de la fortification dont le caractère monumental, trop souvent supposé mais rarement observé, apparaît ici très marqué. 
 
Le caractère ostentatoire de l’enceinte, déjà patent au regard de l’ampleur de la construction, était par ailleurs certainement renforcé par l’adjonction de nombreuses cornes de bovins qui devaient couronner le rempart et dont les empreintes ont été conservées sur près de 800 fragments de terre.
 

Une vaste aire de fours à galets chauffés

La fouille a également porté sur une vaste aire de fosses de combustion à galets chauffés, essentiellement localisée à l’extérieur de l’enceinte. Ces fosses correspondent à plusieurs types morphologiques parmi lesquels près d’une centaine d’exemplaires, de dimension assez constante, sont circulaires et disposés le plus souvent en enfilade. Une trentaine d’autres fosses environ sont allongées, de plan rectangulaire ou quadrangulaire, et atteignent des surfaces considérables pouvant dépasser les 10 m2, voire, dans un cas, les 20 m2.
 
Fréquemment assimilées, par analogie ethnique, à des « fours polynésiens », ces structures sont très bien attestées au Néolithique moyen dans le Midi de la France, en particulier dans le Toulousain où elles sont une des caractéristiques du Chasséen méridional. Elles peuvent être comparées aux découvertes réalisées sur les célèbres établissements chasséens de Villeneuve-Tolosane et de Saint-Michel du Touch.
 
À Château Percin, les datations radiocarbones, réalisées sur une trentaine de ces aménagements, situent leur utilisation vers la fin du Ve millénaire avant notre ère, avant la construction de l’enceinte.